Guerre en Syrie: Un calme précaire règne à Idleb
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Guerre en SyrieUn calme précaire règne à Idleb

Les avions du régime Assad et de son allié russe sont restés au sol ce dimanche à Idleb, pour respecter le cessez-le-feu.

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Amnesty International a accusé lundi le régime syrien et son allié russe de «crimes de guerre», après avoir documenté 18 attaques menées au cours de l'année passée contre des écoles et des centres médicaux du nord-ouest de la Syrie. (10 mai 2020)

Amnesty International a accusé lundi le régime syrien et son allié russe de «crimes de guerre», après avoir documenté 18 attaques menées au cours de l'année passée contre des écoles et des centres médicaux du nord-ouest de la Syrie. (10 mai 2020)

AFP
Les batteries antiaériennes syriennes ont intercepté lundi des frappes israéliennes dans le nord du pays, a affirmé l'agence de presse officielle Sana. (4 mai 2020 - Image d'archive)

Les batteries antiaériennes syriennes ont intercepté lundi des frappes israéliennes dans le nord du pays, a affirmé l'agence de presse officielle Sana. (4 mai 2020 - Image d'archive)

AFP
Des hélicoptères «israéliens» ont tiré des missiles sur le Sud de la Syrie, ont indiqué les médias étatiques syriens dans la nuit de jeudi à vendredi. (1er mai 2020)

Des hélicoptères «israéliens» ont tiré des missiles sur le Sud de la Syrie, ont indiqué les médias étatiques syriens dans la nuit de jeudi à vendredi. (1er mai 2020)

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Un calme précaire a régné dimanche à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Une trêve unilatérale décrétée par le régime et son allié russe est censée y être observée face aux djihadistes et aux rebelles.

«Un calme relatif règne, les avions du régime syrien et de son allié russe sont à l'arrêt depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu», a affirmé le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, qui a toutefois rapporté quelques «escarmouches». Cette trêve est entrée en vigueur samedi matin, après quatre mois de bombardements meurtriers qui ont tué plus de 950 civils et une offensive au sol ayant permis au régime de reconquérir des secteurs stratégiques.

Samedi soir, trois combattants prorégime ont toutefois été tués par un missile antichar qui a touché leur véhicule dans le nord-ouest de la province de Hama, voisine d'Idleb, a indiqué M. Abdel Rahmane, pointant du doigt une «faction djihadiste». De même, dimanche à l'aube, deux combattants de factions rebelles ou djihadistes ont péri dans des tirs de roquettes sur un village du sud-est d'Idleb, d'après la même source.

Accueillant environ trois millions d'habitants, Idleb et des secteurs des provinces adjacentes sont dominés par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

Trêve «temporaire»

Ces dernières années, tout au long des offensives qui lui ont permis de reconquérir près de 60% du territoire syrien grâce à l'appui de Téhéran et de Moscou, le pouvoir de Bachar el-Assad a accepté des trêves similaires. Mais celles-ci ont toujours fini par voler en éclats. Une précédente trêve décrétée début août dans cette même région d'Idleb s'était effondrée au bout de quelques jours.

Samedi, la conseillère du président syrien, Bouthaina Chaabane, avait indiqué lors d'un entretien avec la télévision Al-Mayadeen basée à Beyrouth que la trêve actuelle était «temporaire». «La trêve sert la grande stratégie de libération de chaque centimètre du territoire syrien», a-t-elle dit.

Accusations russes

Samedi, une frappe des Etats-Unis près d'Idleb contre des chefs djihadistes a par ailleurs tué au moins 40 d'entre eux, selon l'OSDH. L'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de sources en Syrie, a précisé que des tirs de missiles avaient visé une réunion rassemblant des chefs des groupes djihadistes Hourras al-Din et Ansar al-Tawhid ainsi que des chefs d'autres groupes extrémistes qui leur sont alliés, dans un camp d'entraînement.

La Russie a accusé dimanche les Etats-Unis d'avoir «compromis» le maintien du cessez-le-feu. Selon l'armée russe, les Etats-Unis ont frappé la région «sans en notifier à l'avance la Russie et la Turquie», qui disposent toutes deux de troupes au sol. Elle a qualifié la frappe d'«utilisation aveugle de l'aviation» militaire.

«Dans les zones touchées par la frappe américaine, les pertes et les destructions sont nombreuses», a poursuivi le ministère russe de la Défense dans un communiqué, accusant Washington d'avoir «compromis le maintien du cessez-le-feu dans la zone de désescalade d'Idleb».

Déclenchée en 2011 par la répression par le pouvoir de manifestations pro démocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370'000 morts.

(ats)

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