France: Un cambrioleur fantôme trahi par son oreille
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FranceUn cambrioleur fantôme trahi par son oreille

Il a fallu neuf ans pour pincer un cambrioleur multirécidiviste. Il a été confondu grâce à ses empreintes auriculaires.

par
lematin.ch
Chacun aurait une oreille unique. Mais la méthode des traces auriculaires est parfois contestée.

Chacun aurait une oreille unique. Mais la méthode des traces auriculaires est parfois contestée.

Préfecture française de police

La police française a longtemps traqué en vain un cambrioleur décrit par «Le Parisien» comme «compulsif et insaisissable». Mais après neuf ans ce quadragénaire bulgare vient d'être démasqué par les policiers de la sûreté départementale du Rhône. Ce multirécidiviste a finalement été trahi par son oreille.

Comme d’autres, ce malfrat collait son oreille aux portes pour tenter d’entendre si quelqu’un était à l’intérieur d’un logement. Puis, en cas de silence, il défonçait l’entrée et délestait l’habitation de ses biens les plus précieux.

Comparer des empreintes du pavillon

Mais ce qu’il ne savait probablement pas c’est que les limiers des forces de l’ordre ne cherchent pas seulement des traces d’ADN, des empreintes digitales ou de chaussures, mais aussi des empreintes auriculaires.

Il s’agit d’une technique de police scientifique née aux Pays-Bas et parfois utilisée en France, explique le quotidien. «Effectuer des prélèvements sur les portes permet deux choses. D'abord de relever la présence d'un ADN et ensuite de mettre au jour une empreinte du pavillon de l'oreille qui peut ensuite être comparée à celle d'un suspect», détaille une source judiciaire.

150 cambriolages à son actif?

Le «cambrioleur fantôme», comme le surnomme «Le Parisien», sévissait dans la région lyonnaise depuis 2011. Après trois ans, les policiers avaient relié différents larcins au même individu, qui avait pour habitude d’arracher les barillets de portes. Puis ils avaient trouvé une trace génétique commune grâce aux traces d'oreille sur les portes.

Mais les enquêteurs n’avaient pas de nom. Et le cambrioleur multirécidiviste a longtemps continué ses forfaits sur un axe Dijon - Lyon - Montpellier. Il aurait commis en tout près de 150 cambriolages!

Méthode critiquée

L’an passé, grâce à de nouvelles avancées, les policiers ont enfin obtenu le nom d’un suspect, Radoslav S. Mais impossible de le localiser. Il a finalement cependant été interpellé la semaine dernière, le 18 juin, au Mans, dans la Sarthe.

«Après neuf années les enquêteurs découvrent enfin le visage de celui dont ils ne connaissaient que l'empreinte auriculaire», écrit «Le Parisien». Le suspect a été incarcéré, en attendant son procès.

Précisons qu’en l’absence d’ADN, la fiabilité des comparaisons d’empreintes auriculaires fait débat. Certains pays estiment que la méthode ne repose pas sur des bases scientifiques assez solides. La police genevoise a longtemps utilisé ces empreintes censées être uniques pour chaque individu. Mais en 2015, relatait la «Tribune de Genève», la justice a décidé d’acquitter un homme qui avait été condamné pour un cambriolage. Elle avait estimé que «que la capacité discriminative de la méthode est insuffisante pour identifier une personne sur la seule base de l’examen de la trace d’oreille.»

R.M.

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