14.09.2020 à 22:40

Formule 1Un carambolage, douze coupables!

De très nombreux accidents ont émaillé le Grand Prix de Toscane. Après la course, les commissaires ont étudié le terrible carambolage du deuxième départ. Douze pilotes écopent d’un avertissement.

von
Luc Domenjoz

C’est la première fois que cela se produit dans l’histoire de la Formule 1. Sur le coup de 20 h 08, dimanche soir, après 3 heures de discussions et d’étude des caméras embarquées, les commissaires du circuit du Mugello ont décidé d’émettre non moins de douze avertissements aux pilotes. Leur comportement avait causé le terrible carambolage au 6e tour du GP de Toscane dimanche, lorsque la course se relançait après avoir été neutralisée derrière la voiture de sécurité.

Les commissaires ont noté que le carambolage «avait pour origine une mauvaise utilisation de l’accélérateur et des freins, depuis le dernier virage jusqu’à la ligne de départ, par les douze pilotes incriminés». Pour les commissaires, il n’y a pas que les quatre pilotes ayant abandonné qui sont responsables. Les commissaires ont écouté tous les pilotes, et ils en ont condamné douze: Kevin Magnussen, Daniil Kvyat, Nicholas Latifi,
Alexander Albon, Lance Stroll, Daniel Ricciardo, Sergio Perez, Lando Norris, Esteban Ocon, George Russell, Antonio Giovinazza et Carlos Sainz.

Pas de changement de règlement

«Nous notons aussi que des pilotes auraient pu éviter d’être impliqués dans le carambolage s’ils n’avaient pas suivi de trop près la voiture roulant devant eux, les empêchant ainsi de voir ce qui se passait devant», précisent les commissaires, qui estiment que personne en particulier ne peut être désigné responsable de l’accident.
Valtteri Bottas, qui menait le peloton, a pour sa part été blanchi: le règlement prévoit que celui qui est en tête dicte le rythme comme il le souhaite pour garder la tête après le passage de la ligne de départ.

Lundi, le directeur de course, Michael Masi, a décidé que le carambolage ne justifiait pas un changement des règles. «Nous avons en F1 les 20 meilleurs pilotes du monde. Ils connaissent les règles. Bien sûr, au Mugello, il y a une très longue ligne droite avant le départ, mais c’est comme à Baku, les pilotes savaient de quoi il retournait», explique l’Australien.

Sortie de Stroll: la faute à une pièce de carbone

43e tour: alors qu’il est à la poursuite de Daniel Ricciardo, et qu’il roule devant Alex Albon, le futur troisième de la course, Lance Stroll sort très violemment de piste entre les deux virages «Arrabiata». Peu ralenti par le gravier, il tape le mur de pneus avec une rare violence, à plus de 200 km/h. Indemne, le jeune Canadien prévient son stand qu’il a été victime d’une crevaison.

Une fois la Racing Point revenue aux stands, l’épave était dans un tel état qu’il était difficile de confirmer une quelconque crevaison. «Nous pensons plutôt qu’il s’agit d’une pièce de carbone, des débris qui se trouvaient sur la piste, qui ont dû s’encastrer dans le pneu arrière gauche de Lance, causant une crevaison et la sortie. Heureusement, il va bien», commente Otmar Szafnauer, le patron de l’écurie Racing Point.

Ferrari se trouve «dans un gouffre»

À l’occasion du 1000e Grand Prix de la Scuderia, Ferrari avait organisé une fête, le samedi soir, à Florence, non loin du circuit du Mugello - le lendemain, en course, Charles Leclerc échouait 8e et Sebastian Vettel 10e. Après la course, Louis Camilleri, le PDG de Ferrari, a admis qu’il serait difficile de constater des progrès avant 2022. «Nous sommes dans un gouffre, et nous le savons», admet-il. «Il y a une conjonction de facteurs qui nous y a amenés, mais je ne vais rien dire. Tout ce que je pourrais dire serait considéré comme des excuses. Et je ne veux aucune excuse.»

Pour le patron, le temps joue contre la Scuderia. Il faut être réaliste, il est peu probable que nous puissions progresser avant 2022. En Formule 1, nous sommes toujours en train de nous battre contre le temps. Et il n’y a pas de baguette magique. Nous comptons sur 2022, quand les règlements seront remis à zéro.»

La FIA enquête sur le T-shirt de Lewis Hamilton

Sur le podium du Mugello, Lewis Hamilton, vainqueur, portait un t-shirt qui affichait en lettres blanches sur fond noir: «Arrest the cops who killed Breonna Taylor» (ndlr: arrêtez les flics qui ont tué Breonna Taylor). Au dos, figurait un portrait de la femme.

Le pilote britannique faisait allusion à l’affaire Taylor: alors qu’elle était chez elle à Louisville, dans le Kentucky (USA), Breonna Taylor a été tuée par des policiers qui étaient entrés avec un mandat de perquisition «no-knock», signifiant qu’ils ne devaient pas prévenir avant leur entrée dans le domicile.

Kenneth Walker, le compagnon de Breonna Taylor, a cru que des voleurs pénétraient dans la maison. Il a fait feu sur les policiers, qui ont riposté et tué la femme de huit balles. Les agents impliqués sont sous enquête, afin
de déterminer s’ils ont utilisé une réponse appropriée aux coups de feu qui les avaient accueillis.

En attendant le résultat de cette enquête, Lewis Hamilton a visiblement pris parti. Il n’est pas sûr que la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) apprécie le t-shirt porté sur le podium. A plusieurs reprises déjà (Turquie 2006, Jerez 1997), la FIA avait amendé des comportements politiques sur un podium (à l’époque, ceux-ci avaient été le fait de caciques locaux). Le code sportif international précise que les participants au championnats FIA ne sont pas autorisés à présenter des messages politiques ou religieux.

La FIA, toutefois, fait ce qu’elle peut pour aider les pilotes à promouvoir le mouvement contre le racisme. Mais le t-shirt de Lewis Hamilton a franchi un pas qui lui vaudra peut-être une sanction. L’écurie Mercedes, pour sa part, a publié un communiqué, lundi, pour préciser qu’elle ne faisait pas de politique, mais que son pilote a essayé de rendre attentif à un problème liés aux droits de l’homme, ce qui, ajoute Mercedes, «est très différent.»

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4 commentaires
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Dani P

15.09.2020 à 14:40

Zut.... Pour une fois qu'il se passe quelque chose à ces courses de tondeuses électrique, j'ai pas regardé 😂😂😂

Speedy

15.09.2020 à 08:43

Encore des punitions, absurdes, ils sont sur un circuit c 'est pour se battre, sa pimente des courses, qui depuis qlques années sont absolument endormissantes. Heureusement accident, sans gravité. La FIA arrêter de punir pr un rien, et srtt faîtes en sorte que tous les pilotes soient sanctionnés sans discrimination ;-)

Intouchable

15.09.2020 à 07:28

Impensable. Jamais la FIA n'osera sanctionner Monsieur Hamilton. Il ont trop peur d'être taxés de racistes...