10.08.2020 à 19:25

NigeriaUn chanteur condamné à mort pour «blasphème»

Un musicien accusé d’avoir insulté le prophète Mahomet dans l’une de ses chansons a été condamné, lundi, à la pendaison par un tribunal nigérian appliquant la charia.

Le procès du chanteur s’est déroulé à huis clos, et l’accusé «a plaidé coupable».

Le procès du chanteur s’est déroulé à huis clos, et l’accusé «a plaidé coupable».

Capture d’écran Youtube

Un tribunal islamique du nord du Nigeria a condamné à mort un musicien accusé de blasphème contre le prophète Mahomet, ont annoncé les autorités judiciaires de la ville de Kano, lundi.

Un tribunal appliquant la charia – la loi islamique en vigueur dans de nombreux États à majorité musulmane du nord du Nigeria – a condamné Yahaya Aminu Sharif à la pendaison pour avoir insulté le Prophète dans l’une de ses chansons, a déclaré à l’AFP Baba-Jibo Ibrahim, le porte-parole des autorités judiciaires locales.

Les tribunaux chargés d’appliquer la charia dans la région ont déjà prononcé des condamnations à mort pour adultère, meurtre ou homosexualité, sans qu’aucune exécution n’ait eu lieu jusque-là.

Le procès d’Ibrahim Said Sharif s’est déroulé à huis clos, et l’accusé «a plaidé coupable», rapporte Baba-Jibo Ibrahim, qui assure que le chanteur a pu recevoir un conseil juridique.

Ville agitée

La ville de Kano avait été agitée par des manifestations après la diffusion sur les réseaux sociaux de la chanson à l’origine de cette condamnation. Les manifestants avaient mis le feu à la maison familiale d’Ibrahim Said Sharif et ils avaient défilé dans les rues de la ville pour réclamer son arrestation.

C’est la deuxième fois qu’une peine de mort est prononcée pour blasphème depuis que plusieurs États du nord du Nigeria ont adopté au début des années 2000 une version stricte de la charia.

Abdul Nyass, un religieux appartenant à la même confrérie soufie qu’Ibrahim Said Sharif, avait déjà été condamné à mort pour blasphème par une cour islamique de Kano en 2015.

Les tribunaux islamiques du nord du Nigeria fonctionnent en parallèle du système judiciaire étatique.

(AFP/NXP)

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