Neuchâtel: Un chien euthanasié par méprise

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NeuchâtelUn chien euthanasié par méprise

Le propriétaire d'un golden retriever de 14 ans voulait «soulager» son compagnon. Le vétérinaire a mal interprété!

par
Vincent Donzé
Le chien avait perdu beaucoup de poids et peinait à marcher, se défend le vétérinaire.

Le chien avait perdu beaucoup de poids et peinait à marcher, se défend le vétérinaire.

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C'est une terrible méprise rapportée par «L'Express» que celle survenue dans un cabinet vétérinaire du Landeron (NE). Le golden retriever Chopin (14 ans) a été euthanasié alors que son propriétaire souhaitait calmer les douleurs de son compagnon. Motif: le vétérinaire a mal interprété le terme «soulager».

Etabli depuis sa retraite dans le sud de la France, Roland Vullierat séjournait au Landeron en octobre dernier. Son chien «Chopin» souffrant d'arthrose à l'arrière-train, le retraité souhaitait apaiser ses douleurs avant de regagner les Pyrénées-Orientales. «Quand j'ai pris rendez-vous au cabinet, j'ai précisé que c'était pour le soulager, car je repartais en France quelques jours plus tard», a indique Roland Vullierat à la presse neuchâteloise.

D'origine alémanique, le vétérinaire maîtrise parfaitement le français et connaît le double sens du verbe «soulager». Convaincu de bien agir, le praticien semi-retraité a mis un terme définitif aux souffrances de «Chopin». «C'est un malentendu que je regrette profondément», a-t-il indiqué.

«Mon «Chopin» était très bien suivi par son vétérinaire en France. Il aimait encore faire ses trois promenades quotidiennes, avait bon appétit et ne demandait qu'à vivre et retourner dans son jardin», a raconté le propriétaire lésé.

Pour justifier du silence régnant dans son cabinet durant vingt minutes, le vétérinaire a expliqué que «comme il n'a pas prononcé un mot, j'en ai déduit que la situation était très pénible pour lui. C'est pourquoi je n'ai rien dit.» Le vétérinaire a utilisé un sédatif par voie intramusculaire, puis une injection létale par intraveineuse.

«Ce chien était en traitement depuis huit ans et les anti-rhumatismaux qu'il prenait lui ont épuisé les reins. Il avait perdu 10 kilos en deux ans et il peinait à marcher. Mais c'est un malheureux malentendu. Je m'en suis excusé par écrit», poursuit le vétérinaire dans «L'Express».

Le propriétaire de «Chopin» est d'un autre avis: «Pour moi, c'est un assassinat. Si je lui avais demandé de me soulager... m'aurait-il tué?» Et le retraité de suggérer au médecin cantonal, pour que pareille tragédie ne puisse plus survenir, «de faire signer un document pour consentement lors de l'euthanasie d'un animal».

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