Actualisé 10.11.2016 à 11:24

PoliceUn Chinois va diriger Interpol

Un Chinois a pour la première fois été élu à la présidence d'Interpol, une décision potentiellement controversée.

L'assemblée générale d'Interpol a nommé le Chinois Meng Hongwei à la tête de l'organisation. Il remplacera Mireille Ballestrazzi.

L'assemblée générale d'Interpol a nommé le Chinois Meng Hongwei à la tête de l'organisation. Il remplacera Mireille Ballestrazzi.

Archives/photo d'illustration, Keystone

L'élection jeudi du vice-ministre chinois de la Sécurité publique Meng Hongwei est controversée en raison de la campagne chinoise pour traquer des fugitifs à l'étranger.

Meng Hongwei a été choisi pour succéder à la patronne de la police judiciaire française, Mireille Ballestrazzi, lors de l'assemblée générale annuelle de l'organisation de coopération policière organisée sur l'île indonésienne de Bali, a annoncé Interpol.

Cette nomination pourrait faciliter les efforts de la Chine pour traquer de nombreuses personnes soupçonnées de corruption ou d'infractions à caractère économique et réfugiées à l'étranger. Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, le président Xi Jinping a engagé une campagne anti-corruption.

Purges déguisées

Mais certains observateurs soupçonnent qu'elle serve de purge déguisée au sein même du Parti communiste chinois. Un de ses volets, l'opération Skynet, vise à rapatrier des suspects de corruption ayant fui à l'étranger. L'agence de presse Chine nouvelle rapportait fin septembre que 409 suspects avaient déjà été ramenés au pays.

Cette campagne a soulevé des réserves de certains pays accusant la Chine d'agir en secret sur leur sol. D'autres encore rechignent à expulser des suspects vers un pays accusé par certaines organisations de ne pas respecter les règles du procès équitable.

Dissidents ouïghours visés

«Cette nomination est inquiétante, car la Chine a longtemps utilisé (...) Interpol pour arrêter des dissidents et des réfugiés à l'étranger», a déclaré William Nee, spécialiste de la Chine à Amnesty International.

«Il est arrivé que la Chine abuse du système Interpol pour viser des dissidents ouïghours qui, à notre connaissance, n'avaient rien fait de répréhensible selon les standards internationaux.» Basée à Lyon, l'organisation Interpol permet notamment de favoriser les échanges entre les polices de ses 190 pays membres.

(AFP)

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