16.02.2018 à 19:12

DrogueUn «cocaïne call-center» en plein Paris

Un journaliste français a suivi durant un an les agents de «Surdoses», l'unité spéciale de la brigade des stupéfiants à Paris. Il livre son expérience dans son dernier livre.

par
K.A.
fotolia

Après une année d'immersion au sein de l'unité spéciale de la brigade des stupéfiants à Paris - appelée «Surdoses» -, le journaliste français Alexandre Kauffmann livre son expérience. Une expérience qu'il a décidé de mettre en scène dans son dernier livre «Surdose», publié aux éditions Goutte d'Or, le 15 février.

«J'ai approché pour la première fois le groupe en tant que romancier. Ce qui m'a été utile tant le culte du secret et la méfiance sont de mise au sein de l'institution policière», commence par confier le journaliste, cité par lexpress.fr.

Cette unité spéciale, créée en 1990 et comptant aujourd'hui sept agents - deux femmes et cinq hommes qui ont tous commencé en tant que policier de terrain -, est saisie des cas d'overdoses.

«Cocaïne call center»

En suivant l'unité, le journaliste a assisté notamment au démantèlement d'un «cocaïne call center», à savoir un «réseau organisé comme des plateformes d'achat, avec standard téléphonique et livreurs à domicile qui transportent de la cocaïne comme des pizzas». C'est à la suite de l'overdose d'un dentiste que ce réseaux de trafiquants, à Sevran, en Seine-Saint-Denis, a pu être infiltré.

Par ailleurs, le Français aura l'occasion de participer à deux autres enquêtes menées après le décès d'une étudiante et d'un informaticien, tous deux morts d'une overdose respectivement de MDMA et d'une drogue aphrodisiaque

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, «les victimes sont le plus souvent des personnes bien insérées socialement qui, pour la plupart, consomment régulièrement des stupéfiants. Un dentiste, un informaticien, une étudiante... Loin de l'image du junkie désocialisé. La drogue traverse désormais tous les milieux», relate-t-il.

«Les puces merguez»

A l'époque du lancement de cette unité spéciale, «on comptait 150 morts par overdose - majoritairement des marginaux héroïnomanes que l'on retrouvait entre deux poubelles - chaque année à Paris». Si à l'époque, le taux d'élucidation dépassait rarement 20%, aujourd'hui, il est de 80%.

Aujourd'hui pour résoudre les affaires - qui actuellement atteignent un taux d'élucidation de 80%, contre seulement 20% à l'époque -, les enquêteurs se focalisent particulièrement sur les téléphones des victimes d'overdose. Ils leur permettent de repérer ce qu'ils appellent les «"puces merguez", c'est-à-dire les téléphones pré-payés et sans abonnement utilisé par les dealers pour ne pas se faire repérer».

«Les tocards»

Alexandre Kauffmann révèle encore que «depuis plusieurs années, le trafic est moins pyramidal. On voit de plus en plus ceux que l'on appelle les "tocards", des francs-tireurs qui ont un petit business à eux».

Et de préciser: «Paradoxalement, cela favorise les overdoses, car ils savent moins "bastonner", couper la cocaïne, ce qui rend le produit plus dangereux. Et avec la forte concurrence entre les plateformes, s'ils veulent garder leurs clients, les dealers doivent vendre une poudre de bonne qualité, de la "pata", de la "peufra", de la bonne. Comme elle est très pure, elle provoque plus de décès.»

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