Publié

BrésilUn concours de trans «pour lutter contre l'exclusion»

Décidées à vaincre tous les préjugés et fières de montrer leurs formes féminines, dix-neuf candidates ont disputé mardi à Rio le titre de Miss T Brasil.

«Nous savons que le transsexuel fascine. Comme les féministes s’exposent seins nus dans les rues pour attirer l’attention, nous voulons avec ce concours, obtenir plus de visibilité, de citoyenneté, explique Barbara Aires, 25 ans, qui dirige l’Association des travestis et transsexuels de Rio, organisatrice du concours. Nous voulons pouvoir choisir une profession comme tout le monde, ne pas être exclues et être obligées de nous prostituer.»

Comme dans un concours traditionnel de Miss, les concurrentes sont restées cinq jours enfermées dans un hôtel où elles ont appris à défiler sur un podium et ont reçu des conseils de maquillage. Elles ont assisté à des conférences sur les droits de l’Homme et la diversité sexuelle. Dans un premier temps, les dix-neuf candidates apparaissent sur la scène du théâtre Joao Caetano, au centre historique de Rio, en bikini rouge, puis en tenue de soirée. Venus de tout le Brésil, ces transsexuels souhaitent être reconnus comme femmes et rêvent de devenir la nouvelle Lea T, le mannequin brésilien transsexuel, modèle de la maison française Givenchy.

«Nous nous sentons femme et nous sommes toujours en quête de cette féminité. Nous sommes laissées en marge de la société; ce concours doit servir à vaincre la discrimination», affirme Sabrina Mab, 23 ans, la candidate de l’Etat du Parana (sud). Catuxa Bourges, 27 ans, est venue du Sergipe (nord-est) et demande «plus de respect». Elle souhaiterait pouvoir toujours «donner son nom d’adoption (féminin) et non pas son nom de baptême (masculin)».

Beaucoup ont pris des hormones, se sont mis des implants de silicone dans les seins ou les fesses et ont fait des opérations plastiques. «J’ai dépensé beaucoup d’argent pour faire avoir un corps de plus en plus féminin. Mon rêve serait de diminuer la taille de mes pieds», déclare Izabely Luca, 25 ans, du Minas Gerais (sud-est).

Votre opinion