03.04.2017 à 06:28

FranceUn débat inédit avec la totalité des 11 candidats

Pour la première fois, les petits candidats à la présidentielle sont conviés au débat organisé mardi soir par BFMTV et CNews.

Sur BFMTV, ce seront cette fois-ci l'ensemble des onze candidats à la présidentielle française qui débattront ensemble. (Photo d'archives)

Sur BFMTV, ce seront cette fois-ci l'ensemble des onze candidats à la présidentielle française qui débattront ensemble. (Photo d'archives)

AFP

Exercice inédit avant un premier tour, les onze candidats à la présidentielle française débattront mardi soir sur BFMTV et CNews, avec le souci d'éviter «la foire d'empoigne». Et ce sera peut-être pour la seule fois, car un dernier débat le 20 avril sur France 2 ne fait pas l'unanimité.

A 19 jours du scrutin, ce «grand débat» est le «rendez-vous indispensable de la campagne», a vanté cette semaine Alain Weill, directeur général de SFR Média, propriétaire de BFMTV. Ce sera le premier avec tous les candidats d'un premier tour, après un débat entre les cinq favoris des sondages le 20 mars sur TF1, regardé par plus de 10 millions de personnes.

Devant 220 personnes, essentiellement leurs proches, les candidats seront interrogés sur trois thèmes: «comment créer des emplois», «comment protéger les Français» et «comment mettre en oeuvre votre modèle social». Animé par les journalistes Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, «Le Grand Débat» durera 3h30, à partir de 20h40, avec une coupure publicitaire.

1 minute 30 pour répondre

A chaque question, les prétendants à l'Elysée auront 1 minute 30 pour répondre et pourront s'interpeller. Chacun aura 1 minute d'introduction et 1 minute de conclusion. Les débatteurs seront disposés en arc de cercle autour des deux journalistes, allant de François Fillon à l'extrémité gauche à François Asselineau à l'extrémité droite. Les candidats parleront en tout un gros quart d'heure chacun. A la demande d'une majorité des candidats, les téléphones portables seront proscrits.

Pour les principaux candidats, le week-end a été chargé en meetings: François Fillon en Corse, Emmanuel Macron à Marseille, Benoît Hamon à la Réunion samedi; Marine Le Pen à Bordeaux et Jean-Luc Mélenchon à Châteauroux dimanche. Mais la perspective du débat est présente dans les esprits.

Stratégie de la concision

Des entourages évoquent ainsi des esquisses de stratégie, comme ce proche d'Emmanuel Macron indiquant que le candidat d'En Marche! «travaille à être concis». «Il sait qu'à onze» le temps sera compté, et «c'est un tel bazar», glisse-t-il.

Dans l'entourage du candidat socialiste, on craint déjà une «confusion ambiante accentuée par le format à onze (...) il y aura un peu de frustration». Il «faudra pour Benoît Hamon montrer en quoi ses solutions sont cohérentes, et parfois assumer des divergences avec les autres candidats, en creux ou plus frontalement», ajoute-t-on.

Jean-Luc Mélenchon a aussi exprimé son «scepticisme» mardi sur son blog. «Nous serons 11 participants! Pour 15 minutes de temps de parole à chacun d'entre nous», a écrit le candidat de la France insoumise, envisageant une émission de quatre heures.

Quelle attitude des petits candidats?

«On n'est pas là pour une foire d'empoigne à onze, ce serait catastrophique», a jugé Alain Weill, «il faut que tous en aient conscience, notamment ceux que l'on peut appeler les petits candidats». Une allusion à Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle ou Philippe Poutou.

«Si tout partait en vrille, ce ne serait bon pour personne. C'est de l'intérêt de tous se mettre au niveau d'un débat présidentiel», selon lui. Et de pronostiquer que le débat sera «sans surprise et sans comique à la fin», car «ce n'est pas un spectacle».

La polémique a surtout porté ces derniers jours sur le second débat prévu le 20 avril, soit trois jours avant le premier tour et 24 heures avant la période de réserve précédant le scrutin. Cette date si proche empêcherait, selon le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), un candidat de se défendre si une nouvelle polémique électorale devait émerger.

Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ont fait défection, entraînant des doutes de la part de François Fillon. Le FN a réclamé que les «conditions de la loyauté, de la neutralité soient réunies». La date du 20 avril a néanmoins été confirmée par France 2, faute de consensus sur une autre. Une «écrasante majorité» des onze postulants ont donné leur aval, selon Michel Field, le directeur de l'information de France Télévisions, dont Benoît Hamon.

(ats)

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