09.10.2013 à 04:50

Obama«Un défaut de paiement aurait l'effet d'une bombe nucléaire»

Le président des Etats-Unis Barack Obama a appelé mardi ses adversaires républicains à «écarter la menace» que l'actuel blocage fait peser sur l'économie américaine.

1 / 18
Le Sénat américain a trouvé un accord de sortie de crise. (16 octobre 2013)

Le Sénat américain a trouvé un accord de sortie de crise. (16 octobre 2013)

Reuters
A quelques jours du défaut de paiement, les sénateurs tentent de trouver une issue à la paralysie budgétaire. (13 octobre 2013)

A quelques jours du défaut de paiement, les sénateurs tentent de trouver une issue à la paralysie budgétaire. (13 octobre 2013)

Reuters
La tension monte aux Etats-Unis. Paralysé par la crise budgétaire, le pays risque le défaut de paiement. (12 octobre 2013)

La tension monte aux Etats-Unis. Paralysé par la crise budgétaire, le pays risque le défaut de paiement. (12 octobre 2013)

Reuters

Le président des Etats-Unis Barack Obama a demandé de voter un budget pour 2014 et un relèvement du plafond de la dette.

Car à la paralysie partielle de l'Etat fédéral s'ajoute le risque que les Etats-Unis ne parviennent pas à relever le plafond légal de leur dette, a rappelé le dirigeant lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche.

Après le 17 octobre, faute d'un relèvement de ce plafond (actuellement de 16'700 milliards de dollars, environ 15'000 milliards de francs) par le Congrès, la première économie mondiale ne pourra plus emprunter sur les marchés obligataires ni rembourser certains créanciers.

Effet d'une bombe

Barack Obama a affirmé qu'il n'engagerait pas de négociations avec la majorité républicaine tant que le président de la Chambre des représentants, John Boehner, sera contraint par les élus du Tea Party à adopter une attitude qui menace l'économie américaine.

Un défaut de paiement des Etats-Unis serait «bien pire» que la paralysie budgétaire actuelle, a fait valoir Barack Obama, usant d'une métaphore attribuée au milliardaire Warren Buffett selon lequel une telle perspective s'assimilerait à l'explosion d'une «bombe nucléaire».

L'onde de choc d'un tel défaut, sans précédent dans l'histoire américaine, serait catastrophique et dépasserait largement les frontières du pays, a prévenu l'administration Obama.

Cet affrontement se déroule sur fond de paralysie partielle de l'Etat fédéral américain, entrée mardi dans sa deuxième semaine. Avant de bloquer sur la dette, le Congrès n'a en effet pas réussi à se mettre d'accord sur un budget pour l'exercice 2014, les républicains refusant de le voter sans que la réforme du système de santé promulguée en 2010 par Barack Obama ne soit modifiée.

Image en jeu

«Nous ne pouvons pas faire de l'extorsion une composante de notre démocratie. La démocratie ne fonctionne pas ainsi. Et ce n'est pas seulement pour moi, c'est aussi pour mes successeurs», a lancé Barack Obama à l'adresse des républicains.

Et de s'inquiéter des retombées de la paralysie sur l'image du pays: «A chaque fois que nous faisons ces choses, notre réputation dans le monde en pâtit. Nous avons l'air de ne pas savoir où nous allons».

Mais le président, qui a dû annuler une tournée en Asie précisément en raison du blocage à Washington, s'est voulu rassurant, expliquant aux créanciers étrangers des Etats-Unis que ces derniers «ont toujours payé leurs factures et le feront à nouveau».

Pression adverse

Le républicain John Boehner avait critiqué plus tôt mardi le refus des démocrates et du président Barack Obama d'ouvrir des négociations formelles sur le budget et la dette.

«Refuser de négocier est une position intenable», a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion du groupe républicain. «En refusant de négocier, (le chef de file démocrate du Sénat) Harry Reid et le président mettent notre pays sur une voie dangereuse», a-t-il dit.

«Jamais dans notre histoire, nous n'avons vu un président ne pas négocier sur le plafond de la dette», a assuré M. Boehner, en appelant à «discuter pour trouver une solution à nos divergences».

Commission bicamérale

Les républicains ont également annoncé leur intention de réclamer une «supercommission» bicamérale pour négocier avec les démocrates un grand accord, à la fois sur le plafond de la dette, le budget et une réforme des programmes sociaux aux Etats-Unis. Mais la Maison Blanche a annoncé que Barack Obama opposerait son veto à cette mesure si elle était adoptée par les deux chambres du Congrès.

Cette «supercommission» serait chargée d'élaborer les grandes lignes d'un compromis budgétaire et fiscal pour l'année budgétaire 2014, sur le modèle d'une supercommission qui avait été créée dans les mêmes conditions à l'été 2011.

Les programmes publics de retraite (Social Security), de santé pour les plus de 65 ans (Medicare) et pour les plus démunis (Medicaid) seraient cette fois dans le viseur des républicains.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!