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AssassinatUn délégué suisse du CICR exécuté en Libye

En mission à Syrte, il a été attaqué par des hommes armés alors qu'il sortait d'une réunion avec deux collègues. Didier Burkhalter s'est dit consterné par le décès du délégué suisse du CICR.

Le délégué a été tué lorsque des hommes armés non identifiés ont intercepté sa voiture à Syrte, à 500 km à l'est de Tripoli. Il venait d'effectuer une mission auprès de l'antenne locale du Croissant-Rouge libyen, a souligné un porte-parole de ce Croissant-Rouge, Mohamed Moustafa al-Misrati.

«Il a été attaqué par des hommes armés alors qu'il sortait d'une réunion avec deux collègues. Il est décédé à l'hôpital de Syrte. Ses collègues sont indemnes mais choqués», a déclaré un porte-parole du CICR à Genève, Wolde Saugeron. Les raisons de cet assassinat restaient inconnues dans l'immédiat.

Le porte-parole a précisé que le véhicule dans lequel se trouvait le délégué ne pouvait être identifié comme celui du CICR. Cette mesure est conforme aux directives pour l'engagement de l'organisation en Libye, a précisé M. Saugeron.

Burkhalter «consterné»

Le directeur général de l'institution Yves Daccord a lui condamné «dans les termes les plus vigoureux cette attaque odieuse».

Et le président de la Confédération Didier Burkhalter s'est dit consterné et a fait part de sa vive émotion. Il a présenté ses condoléances à la famille et aux proches de la victime, ainsi qu'à l'organisation.

Agé de 42 ans, le délégué travaillait depuis plus de sept ans pour le CICR. Il était en poste à Misrata depuis mars. Les locaux du CICR à Misrata ainsi qu'à Benghazi (est) avaient été visés en 2012 par des attaques, sans faire de victimes.

Général dissident légèrement blessé

Près de Benghazi, le général à la retraite, Khalifa Haftar, a été «légèrement blessé» mercredi dans un attentat-suicide contre son quartier général.

Cette attaque est la première visant M. Haftar depuis qu'il a décidé de lancer le 16 mai à Benghazi une campagne militaire destinée selon lui à éradiquer les «groupes terroristes».

Ce dissident a été accusé «de tentative putschiste» par les autorités de transition. Près de trois ans après le renversement du régime de Mouammar Kadhafi par une révolte, celles-ci n'ont pas encore réussi à rétablir l'ordre dans le pays plongé dans le chaos et sous la coupe des milices.

Selon un des commandants de la force du général Haftar, un kamikaze a lancé sa voiture piégée contre l'un des quartiers-généraux établi dans une villa près de Benghazi.

Quatre soldats tués

«Quatre soldats ont été tués», a souligné le général Sagr Al-Jerouchi, «chef des opérations des forces aériennes» loyales au général dissident. Il a attribué l'attaque à des «terroristes».

M. Haftar a de son côté indiqué à la télévision Libya Awalan avoir été «légèrement blessé par des éclats de verre», promettant «des représailles».

Plus tard, un avion de combat a mené des raids contre des sites qui n'étaient pas identifiés dans l'immédiat, selon des témoins.

A Tripoli, où deux gouvernements se disputent le pouvoir, un député du Congrès général national (CGN, Parlement), Abou Bakr Maddour, a été enlevé mercredi à sa sortie du ministère de la Justice, près du centre de la capitale, selon une source parlementaire. Aucun groupe n'a encore revendiqué ce rapt.

Siège du gouvernement ciblé

Toujours dans la capitale, le siège du gouvernement, où s'est établi cette semaine le Premier ministre contesté Ahmed Miitig, a été touché dans la nuit de mardi à mercredi par une roquette qui a fait des dégâts mais pas de victime.

Benghazi est considérée comme le fief de nombreuses milices islamistes lourdement armées et cibles de l'offensive du général Haftar, dont les forces au sol sont appuyées par l'aviation.

Une centaine de personnes ont péri dans cette offensive dont 21 dans les derniers combats lundi qui avaient paralysé toutes les activités à Benghazi, selon des sources médicales.

Les troubles en Libye ont par ailleurs contraint plusieurs compagnies pétrolières étrangères à commencer à évacuer leur personnel depuis le sud, a indiqué mercredi l'agence de presse libyenne, sans préciser lesquelles.

(ats)

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