Suisse - Un député s’inquiète de l’exportation illégale des voitures
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SuisseUn député s’inquiète de l’exportation illégale des voitures

Le conseiller national Christophe Clivaz demande à Berne de réagir après la disparition des statistiques de 300’000 véhicules, sans doute exportés illégalement à l’étranger.

This picture taken on July 2, 2019 in Guyot Environnement recycling company shows a pile of car carcasses in Brest, western France. - Guyot Environnement announced on July 2, 2019 the buy-out of the Spanish company Hirumet. (Photo by Fred TANNEAU / AFP)

This picture taken on July 2, 2019 in Guyot Environnement recycling company shows a pile of car carcasses in Brest, western France. - Guyot Environnement announced on July 2, 2019 the buy-out of the Spanish company Hirumet. (Photo by Fred TANNEAU / AFP)

AFP

En Suisse, quelque 300’000 voitures ont disparu des statistiques entre 2016 et 2020, rapportait il y a quelques jours le Blick. En effet, le journal constatait une différence significative entre le nombre de voitures mises hors service, le nombre de celles exportées officiellement et le nombre de celles recyclées dans notre pays. Ce qui laisse à penser que les véhicules manquants ont été exportés illégalement, très vraisemblablement à l’Est ou dans les pays du Sud.

Un phénomène qui inquiète le député Vert neuchâtelois Christophe Clivaz. Le conseiller national vient de déposer une interpellation auprès du Conseil fédéral à ce sujet cosignée par Delphine Klopfenstein Broggini (Verts/GE). «D’une part on peut s’inquiéter des répercussions environnementales liées au fait que ces voitures finiront leur vie dans des pays où les infrastructures de recyclage et de gestion des déchets sont rudimentaires, voire absentes», écrit-il. «D’autre part, ces voitures exportées illégalement sont autant de véhicules qui échappent à la filière du recyclage en Suisse, mettant en difficulté la rentabilité économique de cette filière».

Du coup il demande au Conseil fédéral de confirmer ou non ces exportations illégales et quelles mesures le gouvernement entend prendre pour y remédier. Il souhaite également avoir une idée de ce que cette perte de voitures à recycler représente pour la filière du recyclage en Suisse.

Entreprises spécialisées en Suisse

A noter que deux véhicules sur cinq mis hors service en Suisse sont réutilisés à l'étranger en tant que véhicules d'occasion. Les autres sont considérés hors d'usage et éliminés dans notre pays par des entreprises spécialisées, explique sur son site internet l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Celles-ci revendent les pièces détachées encore utilisables comme pièces de rechange, vident les véhicules de leurs liquides polluants et récupèrent les matières premières (métaux).

Les véhicules motorisés contiennent de nombreux liquides et autres polluants dangereux pour l'environnement. Un démontage qui n'est pas effectué dans les règles de l'art nuit à la santé humaine et à l'environnement, rappelle l’OFEV.

Trois quart de métaux dans une voiture

Une voiture se compose pour les trois quarts environ de métaux, qui, grâce au broyage et au tri, peuvent être récupérés en tant que matières premières. La fraction de broyage légère restante est constituée en grande partie de matières plastiques, de textiles, de caoutchouc, de verre et de restes métalliques. Les spécialistes du domaine l'appellent RBA (résidu de broyage automobile) ou Resh (pour l'anglais residue und shredder). En général, elle est valorisée énergétiquement comme combustible (valorisation thermique), explique l’OFEV.

Le financement de l'élimination des véhicules hors d'usage s'effectue selon le principe du pollueur-payeur. La Fondation Auto Recycling Suisse prélève une contribution anticipée à l'élimination lors de l'importation de véhicules neufs. Elle encourage ainsi l'élimination dans le respect de l'environnement des véhicules hors d'usage, en particulier l'élimination de la fraction de broyage légère.

(cht)

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