Hong Kong - Un DJ comparaît dans le premier procès pour «sédition» depuis la rétrocession
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Hong KongUn DJ comparaît dans le premier procès pour «sédition» depuis la rétrocession

Pour serrer l’étau autour de Hong Kong, la Chine utilise de nouvelles lois, mais aussi des anciennes. Un texte de 1938 permet de condamner un DJ pour «sédition».

Tam Tak-chi (au centre) tenant un parapluie – symbole des militants prodémocratie – lors d’une de ses arrestations, en septembre 2020.

Tam Tak-chi (au centre) tenant un parapluie – symbole des militants prodémocratie – lors d’une de ses arrestations, en septembre 2020.

Reuters

Un DJ et militant prodémocratie a comparu, jeudi, dans le premier procès pour «sédition» engagé depuis la rétrocession du territoire britannique à la Chine, en 1997. La procédure se base sur une vieille loi remontant à l’époque coloniale à Hong Kong, où les autorités pro-Pékin ont recours à tous les moyens légaux pour réprimer la dissidence.

Tam Tak-chi, 48 ans, vice-président du parti d’opposition People Power et DJ à la radio, fait partie des militants poursuivis pour sédition, en vertu de ce texte promulgué en 1938. Ce texte est distinct de la loi drastique sur la sécurité nationale, qui a été imposée l’été dernier par Pékin à sa région semi-autonome et qui est un des outils principaux de la répression.

Slogans en cause

Connu dans le territoire sous le nom de «Fast Beat», Tam Tak-chi est poursuivi pour cinq chefs d’accusation de «sédition» pour des slogans qu’il avait scandés ou écrits entre janvier et juillet 2020. Il est aussi poursuivi pour incitation à un rassemblement illégal, notamment.

Au début du procès, jeudi, l’accusation a lu quelques-uns de ces slogans, ainsi que des discours prononcés par le DJ, qui étaient souvent ponctués de jurons en cantonais. «Libérez Hong Kong, la révolution de notre temps!» «Policiers corrompus, que votre famille aille en enfer!» font partie des slogans pour lesquels il est poursuivi, de même que «Démantelez la police de Hong Kong sans attendre!» ou encore «À bas le Parti communiste de Chine!»

Serveur condamné pour terrorisme

Ce procès occupe une place importante dans le processus de reprise en main musclée lancé, l’an passé, par Pékin, après l’immense mobilisation populaire de 2019. Il devrait permettre de déterminer les phrases désormais interdites aux yeux de la justice locale.

Mardi, un tribunal a reconnu un serveur coupable de terrorisme et d’incitation à la sécession dans le premier procès instruit au nom de la loi sur la sécurité nationale. Les magistrats avaient estimé que la formule «Libérez Hong Kong, la révolution de notre temps!» qui était l’un des principaux slogans des manifestants en 2019, était une proclamation sécessionniste, tombant sous le coup de la loi sur la sécurité nationale.

Le procès de Tam Tak-chi avait été retardé, pour que les juges prennent connaissance de l’issue de celui du serveur.

Orthophonistes jugés pour des livres pour enfants

À Hong Kong, la sédition est un concept flou qui peut s’appliquer à toute parole de «haine, outrage ou désaffection» à l’égard du gouvernement. Cette loi héritée de la colonisation est dénoncée par certains comme une atteinte à la liberté d’expression. Aucune condamnation pour sédition n’a été prononcée pendant des décennies, avant le retour de Hong Kong dans le giron de la Chine en 1997.

La semaine dernière, cinq membres d’un syndicat hongkongais d’orthophonistes ont été arrêtés pour sédition pour une série de livres pour enfants sur un village de moutons en résistance contre des loups. Trois ont été inculpés et placés en détention provisoire.

(AFP)

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