Actualisé 19.02.2016 à 12:41

Tribunal pénal fédéralUn djihadiste présumé bientôt jugé à Bellinzone

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a dressé un acte d'accusation contre un Zurichois de 25 ans qui partait rejoindre l'EI.

DR/Photo d'illustration

Un djihadiste présumé qui s'apprêtait à partir à l'étranger sera jugé par le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone.

Le jeune homme est accusé de violation présumée de la loi interdisant les groupes «Al Qaïda» et «Etat islamique» (EI) et éventuellement de soutien à une organisation criminelle. Il lui est en outre reproché de multiples violations de l'interdiction de représentation de la violence, indique vendredi le MPC dans son communiqué.

Ce Suisse avait été arrêté le 7 avril de l'année dernière alors qu'il s'apprêtait à partir rejoindre les rangs de l'Etat islamique. Relâché après deux semaines, il avait cependant dû déposer sa carte d'identité et son passeport et avait interdiction de voyager.

La procédure à son encontre restait ouverte, avait précisé à l'époque le MPC. La ville de Winterthour a souvent été citée en relation avec la radicalisation de jeunes partis en Syrie.

Avertissement

C'est la première fois qu'un voyageur du djihad, arrêté avant son départ pour une zone de combat, est renvoyé devant un tribunal, précise le MPC. Les détails quant à la peine requise seront formulés lors de l'audience du tribunal. Le soutien ou la participation à l'EI ou à des organisations similaires est puni d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison.

Le Ministère public de la Confédération, avec le soutien de fedpol, dirige actuellement 46 procédures pénales en lien avec le terrorisme djihadiste. Il s'agit avant tout de soupçons de soutien à des organisations terroristes par le biais de propagande.

Par ce renvoi en justice, la Suisse entend lancer un signal clair à toutes les personnes tentées par l'aventure djihadiste. Cette procédure quasiment préventive s'inscrit dans la stratégie du MPC et de fedpol de poursuivre toute activité en lien avec le terrorisme. Al-Qaïda et l'EI sont interdits en Suisse depuis l'adoption, début 2015, d'une loi fédérale urgente.

Pour rappel, le Tribunal de Bellinzone sera prochainement au centre de l'attention puisqu'il traitera dès le 29 février le cas de quatre Irakiens accusés d'avoir soutenu l'Etat islamique et d'avoir voulu implanter une cellule de Daech en Suisse. Trois des accusés avaient été arrêtés en Suisse orientale.

Nombre stable

Selon le dernier état du recensement du Service de renseignement de la Confédération (SRC), le nombre de djihadistes partis de Suisse depuis 2001 semble stable. Le total se monte désormais à 72, un cas ayant été retiré de la liste depuis janvier parce que non confirmé.

Sur ces 72 individus, 58 sont partis vers la Syrie et l'Irak, 14 vers la Somalie, l'Afghanistan et le Pakistan. Certains sont encore sur place et 17 seraient décédés (de manière confirmée pour dix d'entre eux). Certains voyageurs circulent toujours dans les régions de conflit et douze (dont neuf cas confirmés) sont de retour en Suisse.

Sur l'ensemble des personnes recensées, 28 sont suisses et 16 binationales. Le SRC ne fournit pas d'autres indications sur l«identité, l'âge, le sexe, la nationalité ou le domicile de ces personnes. Depuis plus d'une année, le SRC publie régulièrement le nombre de personnes qui partent à l'étranger pour rejoindre le djihad.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!