Identité: Un drapeau pour le Jura bernois? Un UDC s'y attelle
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IdentitéUn drapeau pour le Jura bernois? Un UDC s'y attelle

La partie francophone du canton de Berne n'a pas de drapeau. Une lacune qu'un politicien veut combler.

par
Vincent Donzé
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Ancien conseiller national, l'UDC Jean-Pierre Graber (72 ans) a milité toute sa vie pour un Jura bernois maintenu dans le giron bernois, tout en approuvant un canton du Jura.

Ancien conseiller national, l'UDC Jean-Pierre Graber (72 ans) a milité toute sa vie pour un Jura bernois maintenu dans le giron bernois, tout en approuvant un canton du Jura.

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Problème: en mal d'identité face aux cantons romands, cette région francophone ne dispose d'aucun drapeau. Une lacune que l'ex politicien souhaite combler.

Problème: en mal d'identité face aux cantons romands, cette région francophone ne dispose d'aucun drapeau. Une lacune que l'ex politicien souhaite combler.

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Le bleu pour le ciel, les rivières et le lac de Bienne, le blanc pour symboliser la neige et les murs de pierres sèches, et le vert pour les pâturages, les prés et les forêts.

Le bleu pour le ciel, les rivières et le lac de Bienne, le blanc pour symboliser la neige et les murs de pierres sèches, et le vert pour les pâturages, les prés et les forêts.

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Un Jura «du lac de Bienne aux portes de la France», comme dans l'hymne jurassien «La Rauracienne»? Très peu pour lui. Ancien conseiller national, l'UDC Jean-Pierre Graber (72 ans) a milité toute sa vie pour un Jura bernois maintenu dans le giron bernois, tout en approuvant un canton du Jura. Problème: en mal d'identité face aux cantons romands, cette région francophone ne dispose d'aucun drapeau.

Au Grand Conseil bernois, la préoccupation de l'ancien directeur de l'Ecole supérieure de commerce de La Neuveville (de 1983 à 2011) est portée par sa fille Anne-Caroline Graber, dans une intervention parlementaire.

Ancien président du mouvement antiséparatiste «Force démocratique» et de son journal «Le Quinquet», Jean-Pierre Graber ressasse son idée depuis trente ans. Une réflexion qui s'est accentuée en 2010. Depuis cette date, le canton de Berne n'est plus divisé en 26 districts, avec un écusson pour chacun, mais en dix arrondissements regroupés en cinq régions administratives dépourvues d'emblème.

Après le refonte administrative, une seule région possède un drapeau validé en 1953: l'Oberland. Le Jura bernois n'a quant à lui pas ses couleurs.

Géométrie et couleurs

Un écusson du Jura bernois, oui mais lequel? «Je vous l'avoue sans ambages: avec sa géométrie et ses couleurs, le drapeau jurassien me plaît, comme le vaudois et le valaisan», glisse-t-il, sans s'attarder sur les sept districts représentés à droite du drapeau jurassien.

Dans ses rêves, le drapeau du Jura bernois s'écarte des armoiries sophistiquées «et parfois trop chargées» de la plupart des communes. Son goût penche pour davantage de simplicité, de pureté, dans le style fribourgeois, tessinois ou zurichois.

À l'inverse, la complexité des drapeaux genevois, bernois et thurgovien enfreint une règle qu'il s'est fixée: «Un drapeau doit être immédiatement perceptible. Il faut pouvoir le dessiner après l'avoir regardé dix secondes. Essayez avec les Grisons...», s'amuse-t-il.

Dans une tribune publiée samedi dernier dans «Le Journal du Jura», Jean-Pierre Graber a illustré son penchant pour des couleurs évocatrices de la géographie au travers de trois bandes horizontales: le bleu pour le ciel, les rivières et le lac de Bienne, le blanc pour symboliser la neige et les murs de pierres sèches, et le vert pour les pâturages, les prés et les forêts.

Paysage

Une visite chez lui, à La Neuveville, aide à saisir d'où lui vient son drapeau bleu-blanc-vert: un jour sans brouillard, l'horizon affiche ses couleurs, avec au loin les montagnes alpestres Eiger-Mönch-Jungfrau et plus près, l'île St-Pierre au milieu du lac de Bienne. Si son coeur bat pour la variante bleu-blanc-vert, Jean-Pierre Graber en suggère une autre en reprenant deux des couleurs du canton de Berne, soit le jaune et le rouge disposés verticalement avec une petite croix suisse dans le rouge. Quand bien même hors écusson, ses couleurs préférées sont le bleu roi et le «ciclamino» des maillots du Tour de France.

«Le Jura bernois existe!», s'est exclamé Jean-Pierre Graber dans sa tribune, avec un vibrato qu'il assure plus démocratique que patriotique. Il n'y voit pas qu'une entité politique, historique et géographique: les anciens districts de Courtelary, de La Neuveville et de Moutier lui évoque une «homogénéité économique», tournée vers l'exportation.

Le politicien souligne l'esthétique des paysages qualifiés de «magnifique écrin de verdure» aux relents irlandais. Et Jean-Pierre Graber de remarquer: «L’identité du Jura bernois est ainsi irréfutable. Mais il nous manque quelque chose».

Grande majorité

Aux yeux de Jean-Pierre Graber, «toutes les identités historiques et territoriales stables s’expriment au travers d’un drapeau dans lequel se reconnaît la grande majorité de la population».

Aucun drapeau ne flotte au vent dans son jardin, dépourvu de mât. mais Jean-Pierre Graber suggère une première application: le papier à en-tête du Conseil du Jura bernois (CJB).

En attendant le règlement des questions de procédure, un groupe constitué à Crémines (BE) peaufine une maquette.

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