Lausanne: Un e-cargo a disparu

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LausanneUn e-cargo a disparu

L'EPFL s'est fait voler l'un de ses sept vélos cargo électriques. Pucé, il n'a pas encore été repéré.

par
Léandre Duggan
L'un des sept cargobikes de l'EPFL a disapru.

L'un des sept cargobikes de l'EPFL a disapru.

Alain Herzog/EPFL

«Campus durable cherche: jeune cargobike EPFL, électrique et en libre-service, avec peu d'expérience de roulage, originaire d'Allemagne.» C'est l'unité Campus Durable de l'EPFL qui a publié cette drôle d'annonce sur sa page Facebook. Depuis le weekend dernier, elle est à la recherche de l'un de ses cargobikes. Un terme qui désigne des vélos munis d'une plateforme à l'avant. Ils permettent de déplacer de la marchandise à la force du mollet, aidé d'un moteur électrique.

Un vélo hightech

Ils sont sept, répartis en libre accès sur le campus. Ce projet pilote a démarré il y a un an. Près de 300 utilisateurs actifs se sont inscrits pour pouvoir les emprunter. Technologie oblige sur le campus d'une telle institution, la réservation se fait par une application. Tout comme le déverrouillage du cadenas. Technologie toujours, le vélo embarque une puce Trakyv. Une fois activée par le propriétaire, la puce peut être localisée. La marque annonce 70 fois plus de chances de retrouver son vélo. En ville d'Yverdon, où le projet a démarré en 2015, les vols de vélos ont diminué de moitié.

Mais, pour l'instant, c'est chou blanc pour l'école polytechnique. Alors, elle a décidé de faire appel aux réseaux sociaux. Le véhicule a une valeur de 5000 francs, mais c'est surtout son absence physique qui se fait sentir. «C'est vraiment dommage, car ces cargobikes sont très utilisés et appréciés par la communauté de l'EPFL», regrette Luca Fontana, chargé de projet à l'unité Campus Durable de l'EPFL. D'autant que, en un an, il n'y avait jamais eu de problème, ni accident ni vandalisme.

Vols à la Bourdonnette

Le week-end dernier, l'un des utilisateurs l'emprunte. Alors qu'il le stationne, verrouillé, pour la nuit dans le quartier de la Bourdonnette, il ne le retrouve pas le lendemain matin. Pour un internaute qui a réagi à la publication, il y a peut-être un lien à faire «avec le vol commis durant le week-end dans le collège de la Bourdonnette». Alors les malfrats s'en seraient-ils servis pour transporter le fruit de leur larcin? «Nous avons connaissance de ces deux cas, qui font l'objet de plaintes. Les enquêtes sont en cours au sujet de ces deux affaires et il est trop tôt pour faire un lien ou non entre elles», explique Raphaël Pomey, chargé de communication à la police de Lausanne. Depuis février 2018, les policiers lausannois se sont, eux aussi, dotés du système de détection de puce Trakyv.

Pour Luca Fontana, c'est d'autant plus incompréhensible que le vélo est personnalisé aux couleurs de l'EPFL. Il y a plus discret pour circuler dans un véhicule volé. «En plus, ils n'ont pas la possibilité d'enlever ou de recharger la batterie, je ne vois pas comment et qui pourrait le réutiliser.» Malgré la quarantaine de partages et les retours reçus, aucune piste pour le moment. «Nous faisons appel aux gens qui habitent dans le Grand-Lausanne, qui auraient vu ce vélo abandonné ou qui le verraient circuler.» Mais, avant de sauter sur son conducteur, assurez-vous qu'il s'agit du bon vélo! Il est inscrit «Numéro 5 chemin des Machines» sur l'écran du guidon.

Vélos publics peu volés

Les vélos en libre-service ont fleuri dans l'agglomération lausannoise ces dernières années. Le système d'emprunt et de verrouillage est similaire. «Seuls quatre vélos sur 260 ont été volés ou ont disparu», indique Urs Bloch, porte-parole de PubliBike. Ce chiffre peu élevé s'expliquerait par des vélos atypiques et qui se remarquent. Pour les modèles électriques, si la serrure est malmenée, le moteur cesse de fonctionner. «L'emplacement des stations est lui aussi important, complète Urs Bloch, il ne faut pas qu'elles soient dans un lieu trop isolé.»

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