Jeux vidéo - Un E3 virtuel pour sauver le soldat Xbox
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Jeux vidéoUn E3 virtuel pour sauver le soldat Xbox

Moribonde en 2019 et annulée en 2020 pour cause de pandémie, la vitrine mondiale de l’industrie du jeu vidéo tente un retour en 2021. Un moment clé, surtout pour Microsoft.

par
Jean-Charles Canet
E3 2019, au temps ou les grandes présentations se déroulaient encore en public. Arrivée sur un nuage de Keanu Reeves, sur le plateau de la conférence Xbox.

E3 2019, au temps ou les grandes présentations se déroulaient encore en public. Arrivée sur un nuage de Keanu Reeves, sur le plateau de la conférence Xbox.

AFP via Getty Images

Tiens donc, il y a un E3 cette année. L’Electronic Entertainment Expo, salon nord-américain né dans les années 90 avec pour ambition d’être la vitrine mondiale de l’industrie du jeu vidéo, va en effet ouvrir ses portes le dimanche 12 juin prochain. Des portes fictives puisque celles du Convention Center de Los Angeles resteront fermées. D’ici au 15 juin, il y aura donc des présentations, des conférences, des annonces et une alignée de stands virtuels déjà ouverts aux professionnels et, dès dimanche, aux «fans», autrement dit le grand public, sur inscription en ligne. Affaibli en 2019, purement et simplement annulé en 2020 pour cause de pandémie, le salon tente ainsi son come-back

Du côté des participants, on note la participation de grands noms de l’industrie, Microsoft, Nintendo et Ubisoft notamment mais aussi l’absence du leader mondial, en l’occurrence celle de Sony Interactive Entertainement (et sa PS5) qui persiste dans son cavalier seul entamé en 2019. La présence officielle de rivaux mais aussi de partenaires pourrait néanmoins se révéler suffisante pour permettre aux organisateurs de conserver leur statut de rendez-vous incontournable, de point de convergence du printemps. Surtout si, comme la rumeur le laisse entendre, Nintendo profite de l’occasion pour annoncer une version améliorée de son actuel grand succès, la Nintendo Switch.

La Xbox sur le gril

Une chose est sûre, l’acteur le plus sur le gril est Microsoft et son écosystème Xbox. Avec une famille de consoles nouvelle génération (la Xbox Series X, haut de gamme, et S, d’entrée de gamme), une fenêtre sur PC et une autre dans le nuage (xCloud), un service d’abonnement à la Netflix (le GamePass) et enfin une politique vertueuse de soutien aux «vieux» jeux via la rétrocompatibilité, le géant américain a su faire oublier son actuelle grande faiblesse comparée à l’univers PlayStation: le manque de jeux exclusifs capables de faire rêver autant les acquis à la cause que ceux à convaincre. Une faiblesse que la sortie de «Ratchet & Clank – Rift Apart», vendredi sur PS5, va encore plus mettre en évidence. C’est pour cela que le constructeur promet une présentation tonitruante, dimanche, axée sur ses futurs contenus, avec un «Halo Infinite» enfin à bout touchant, en guise d’arbre qui cache la forêt.

Il va sans dire que les observateurs espèrent en savoir plus sur les productions issues de Zenimax (maison mère de Bethesda) que Microsoft a chèrement acquis dernièrement (plus de 7 milliards de dollars). L’acteur est ainsi condamné à marquer les esprits, à susciter l’enthousiasme, ce qui ces dernières années écoulées n’a pas été son point fort. Une fois encore, Microsoft part à la bataille en ouverture de salon, une fois encore, sous les yeux goguenards de Sony qui aura tout le loisir d’allumer des contre-feux le jour et l’heure que le géant japonais jugera approprié.

Arrogance coutumière

Certes, l’arrogance coutumière du constructeur de la PlayStation 5 lui parfois joue des tours. Dernièrement, ses semi-mensonges - semi-vérités sur les jeux suggérés exclusifs à la seule PS5 et qui, en fait, ne le sont pas, commencent à contrarier même les acquis à la marque. Il n’empêche que la stratégie de marquage à la culotte de ses rivaux reste d’une redoutable efficacité. Et Microsoft, pourtant bien armé, a toutes les peines du monde à se sortir de son image d’éternel second. En plus d’un «Halo» sans faiblesses, il faudrait que la division Xbox soit en mesure de sortir de son chapeau au moins un gros jeu triple A en dehors de ses franchises habituelles («Forza» ou «Gears of War»), que cette nouveauté marquante sorte cette année encore et bénéficie qui plus est d’une finition à la hauteur des superproductions issues des studios PlayStation. Dimanche, c’est essentiellement sur cet unique point que Phil Spencer, chef de la division jeux de Microsoft, sera jugé.

Phil Spencer, patron de la division Xbox. Ce cadre s’emploie, depuis sa nomination en 2008, à redresser la barre après un lancement polémique de la Xbox One en 2001.

Phil Spencer, patron de la division Xbox. Ce cadre s’emploie, depuis sa nomination en 2008, à redresser la barre après un lancement polémique de la Xbox One en 2001.

Getty Images

Ainsi va la vie d’une industrie aux cours de l’année la plus bizarre de son existence. Une année marquée par l’installation contrariée de consoles nouvelles générations, quasi introuvables six mois après leur sortie, marquée aussi par une production de contenus ralentie par la pandémie et secouée par une dématérialisation galopante qui touche tous les écrans.

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