Attentat de Suruç: Un éditorialiste licencié pour un tweet sur Erdogan
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Attentat de SuruçUn éditorialiste licencié pour un tweet sur Erdogan

Il a dénoncé l'hypocrisie des responsables qui ont adressé leurs condoléances au président après l'attaque de Suruç.

En mai, Recep Tayyip Erdogan avait porté plainte contre un autre journal, Cumhuriyet.

En mai, Recep Tayyip Erdogan avait porté plainte contre un autre journal, Cumhuriyet.

Keystone

Le quotidien turc Milliyet a licencié son éditorialiste vedette pour un tweet diffusé après l'attentat-suicide meurtrier de Suruç, près de la frontière syrienne. Le journaliste y mettait en cause la responsabilité du président Recep Tayyip Erdogan.

«Nous avons arrêté notre collaboration avec M. Kadri Gürsel à compter du 22 juillet 2015 à cause de ses positions qui affectent notre environnement de travail», a annoncé la direction de Milliyet dans une courte déclaration citée jeudi 23 juillet par la presse turque.

Mercredi, le journaliste a dénoncé sur son compte Twitter l'hypocrisie des responsables de la planète qui ont adressé leurs condoléances à Recep Tayyip Erdogan dans la foulée de l'attaque de Suruç. L'attentat de lundi y a fait 32 morts et une centaine de blessés.

«Il est honteux que des responsables étrangers appellent la personne qui est la principale responsable du terrorisme de l'Etat islamique en Turquie pour lui présenter des condoléances après l'attentat de Suruç», a-t-il écrit sans citer le chef de l'Etat.

Ankara aurait fermé les yeux

L'opposition turque et de nombreuses capitales étrangères reprochent au gouvernement islamo-conservateur, au pouvoir à Ankara depuis 2002, d'avoir fermé les yeux, voire encouragé les activités des groupes djihadistes tels que l'EI. Ankara a toujours rejeté ces accusations.

En mai, Recep Tayyip Erdogan avait porté plainte contre un autre journal, Cumhuriyet. Ce quotidien proche de l'opposition avait publié des photos de l'interception, en janvier 2014, d'un convoi chargé d'armes à destination de la Syrie, appartenant aux services de renseignements (MIT). Le rédacteur en chef de Cumhuriyet, Can Dündar, risque une lourde peine de prison.

Depuis plusieurs années, le régime turc est régulièrement épinglé par les défenseurs de la liberté de la presse, qui dénoncent ses pressions sur les journalistes. Le quotidien Milliyet est la propriété de l'homme d'affaires Erdogan Demirören, considéré comme un proche du parti AKP au pouvoir.

(ats)

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