Sécurité routière – Un élu souhaite le retour des passages pour piétons dans les zones 30
Publié

Sécurité routièreUn élu souhaite le retour des passages pour piétons dans les zones 30

Le conseiller national Baptise Hurni (PS/NE) estime que les zones 30 km/h sont peu sûres et représentent un casse-tête pédagogique pour les parents. Berne fait la sourde oreille.

par
Christine Talos
Pas évident pour les parents d’expliquer aux enfants comment ils doivent traverser la route dans les zones 30 km/h où les passages pour piétons sont souvent inexistants. 

Pas évident pour les parents d’expliquer aux enfants comment ils doivent traverser la route dans les zones 30 km/h où les passages pour piétons sont souvent inexistants.

LAB/Tamedia

Ne faudrait-il pas réintroduire les passages piétons dans les zones à 30 km/h pour renforcer la sécurité des enfants? C’est ce que demandait fin septembre le conseiller national Baptiste Hurni (PS/NE) au Conseil fédéral. Dans son postulat, signé par de nombreux parlementaires de gauche comme de droite, l’élu s’inquiétait du danger que représentent ces zones où les passages piétons ne sont pas obligatoires et donc souvent inexistants. Du coup, ils représentent un casse-tête pédagogique pour les parents, estimait-il. Le Conseil fédéral vient de lui répondre par la négative.

«Mon postulat découle d’une lettre que nous avons reçue mon collègue Damien Cottier (PLR/NE) et moi de la part d’un villageois», explique Baptiste Hurni. «Il nous disait peiner à expliquer à ses petits enfants qu’ils devaient traverser dans certains endroits sur des passages pour piétons, mais qu’à d’autres ils pouvaient traverser la route sans avoir besoin de le faire. Du coup, j’ai demandé au Conseil fédéral d’étudier la question car la législation est floue et en plus il y a des exceptions».

Pour Baptiste Hurni, il peut en outre s’avérer dangereux d’inviter les piétons à̀ traverser la route dans certaines zones 30 où la vitesse maximale n’est souvent pas respectée ou la visibilité́ mauvaise. Ces endroits peuvent également créer des incertitudes pour les usagers de véhicules, estime-t-il.

À l’encontre du but recherché, selon Berne

Mais le Conseil fédéral fait la sourde oreille. Dans sa réponse, il relève effectivement que les zones 30 ne comportent généralement pas de passages pour piétons. «Leur absence donne donc le droit aux piétons de traverser la chaussée à n’importe quel endroit, même si les véhicules restent prioritaires», convient-il. Aux conducteurs d’être «particulièrement prudents et courtois au volant», souligne-t-il. Il relève en outre que des passages peuvent être aménagés près des écoles ou des EMS par exemple.

Le Conseil fédéral considère donc que l’aménagement de passages pour piétons dans les zones 30 «limiterait grandement les possibilités de traverser pour les piétons, étant donné́ que ces derniers sont tenus d’utiliser les passages pour piétons lorsque ceux-ci se trouvent à moins de 50 mètres». De telles restrictions vont à l’encontre du régime de circulation recherché avec les zones 30, estime-t-il.

Aux parents de se débrouiller

Par ailleurs Berne ne veut rien savoir de l’aspect pédagogique soulevé par Baptiste Hurni. Il estime que les parents ont suffisamment de possibilités dans les zones habitées pour habituer les enfants à adopter le bon comportement lorsqu’il s’agit de traverser une route. Il relève aussi qu’aux endroits sensibles, notamment près des écoles situées aux abords de routes très fréquentées, les autorités compétentes engagent souvent des patrouilleurs scolaires.

La réponse de Berne ne surprend pas Baptiste Hurni. «Les zones 30 sont un sujet qui divise. Selon moi le Conseil fédéral craint, en acceptant mon postulat, d’ouvrir la boîte de Pandore car il y a beaucoup de flou dans la législation». Il a néanmoins bon espoir que le National accepte sa requête.

Pour rappel, le Conseil fédéral veut faciliter l’instauration de zones 30 sur les routes d’intérêt local en agglomération. Il a mis en consultation mi-novembre les modifications de l’ordonnance sur la signalisation routière. Actuellement, les zones 30 peuvent être mises en place «uniquement pour atténuer des dangers particuliers de la circulation routière, pour réduire les atteintes excessives à l’environnement ou pour améliorer la fluidité du trafic», avait indiqué Berne. Qui aimerait que ces aménagements soient aussi possibles pour «des motifs liés aux conditions locales» comme la qualité de vie.

Votre opinion

3 commentaires