Bienne: Un élu veut tirer la prise des souffleuses et milite pour le râteau

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BienneUn élu veut tirer la prise des souffleuses et milite pour le râteau

Le parlementaire biennois Urs Scheuss (Les Verts) veut en finir avec les souffleuses en modifiant le Règlement de police municipale.

par
Vincent Donzé
Le Vert biennois Urs Scheuss ramasse les feuilles au râteau.

Le Vert biennois Urs Scheuss ramasse les feuilles au râteau.

DR

Aspirer ou souffler mécaniquement les feuilles mortes, c’est un non-sens écologique aux yeux (et aux oreilles) du parlementaire biennois Urs Scheuss (Les Verts). L’écologiste biennois veut changer le règlement de police pour revenir au bon vieux râteau, en adéquation avec le poète Jacques Prévert et ses feuilles mortes qui se ramassent à la pelle, «les souvenirs et les regrets aussi».

Les souffleuses de feuilles animent le débat depuis des années. Ce mois-ci, ces engins ont rempli le courrier des lecteurs de «La Tribune de Genève» et de «24 heures». Les souffleuses de feuilles thermiques ont leurs détracteurs, qui dénoncent un vacarme assourdissant: «Ces engins, qui devraient être interdits et remplacés par des souffleuses électriques pour ceux qui rechignent à utiliser le bon vieux râteau», écrit un lecteur, en dénonçant au passage un abattage «systématique» des arbres du canton. «Quand il n’y aura plus d’arbres, il n’y aura plus de feuilles!» glisse-t-il.

Les souffleuses ont aussi leurs partisans: «Ce cher Monsieur qui préconise d’utiliser un râteau n’en a sûrement jamais utilisé, je l’invite à venir ramasser les feuilles. Je suis concierge et j’utilise toute l’année soit une souffleuse électrique, soit thermique (plus puissante)», écrit un concierge qui remplit en deux mois entre 15 et 18 containers de 800 litres de feuilles mortes.

Des feuilles mortes soufflées l’an dernier près du gymnase de Bienne.

Des feuilles mortes soufflées l’an dernier près du gymnase de Bienne.

Lematin.ch/Vincent Donzé

«Ce que je fais en quarante-cinq minutes avec la souffleuse électrique me prendrait cinq heures de balayage», poursuit ce concierge genevois. Mais à Bienne, Urs Scheuss voit le problème par l’autre bout: «Le moteur à essence des souffleuses et autres aspirateurs à feuilles mortes est très bruyant. Ils peuvent atteindre jusqu’à 115 décibels, soit le même niveau sonore que celui d’un marteau-piqueur», écrit-il.

«Une pression acoustique de 100 décibels est considérée comme dangereuse par la Suva», poursuit Urs Scheuss dans une motion déposée au cœur de l’automne. Son but: limiter les horaires d’utilisation des souffleuses.

Peu recommandables

Urs Scheuss s’appuie sur les recommandations de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). L’efficacité des souffleuses n’est pas contestée. Si l’OFEV les juge peu recommandables, c’est au niveau écologique: non seulement les souffleuses utilisent de l’énergie et produisent du bruit, mais elles éliminent «coléoptères et autres insectes».

Selon Urs Scheuss, les feuilles mortes font partie intégrante de l’écosystème: «Elles sont à la base de la chaîne alimentaire d’insectes et d’araignées, dont se nourrissent les hérissons et les oiseaux», détaille l’élu écologiste. Les feuilles en décomposition protègent les plantes du froid et abritent les rongeurs. En les retirant mécaniquement «à 160 km/h», on en expulse les champignons, moisissures, bactéries et autres pollens, «ce qui n’est pas très conseillé pour notre santé», selon Urs Scheuss.

Les souffleuses servent aussi à déblayer les déchets.

Les souffleuses servent aussi à déblayer les déchets.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Lematin.ch s’est laissé conter des conflits de voisinage, dont une vidéo à l’appui, qui montre un retraité souffler bruyamment des feuilles en pleine nuit. Dans sa motion, Urs Scheuss vise d’abord les détenteurs de jardins privés, mais la voirie est aussi invitée à utiliser des appareils moins bruyants et polluants.

L’OFEV préconise l’achat d’appareils électriques ou à quatre temps, qui rejettent moins de gaz nocifs que les moteurs à deux temps. Cet Office fédéral recommande une utilisation seulement là où le feuillage pose problème.

À Bienne, le Conseil de Ville aura le dernier mot.

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