04.09.2020 à 11:59

BaltiqueUn esturgeon de 500 ans retrouvé dans le garde-manger d’une épave

Le poisson de deux mètres aurait peut-être dû servir de festin offert par le roi du Danemark à son homologue suédois. Mais son navire a coulé.

1 / 1
L’esturgeon atlantique a aujourd’hui quasi disparu de la mer Baltique, mais se trouve encore sur la côte est américaine.

L’esturgeon atlantique a aujourd’hui quasi disparu de la mer Baltique, mais se trouve encore sur la côte est américaine.

iStockphoto

Un esturgeon atlantique de deux mètres, ou esturgeon noir d’Amérique, a été retrouvé, tout du moins ses restes, en mer Baltique, dans le garde-manger d’une épave royale danoise vieille de plus de 500 ans, selon une publication du «Journal de sciences archéologiques».

«Lors de fouilles archéologiques en 2019, un tonneau en bois immergé de l’épave a révélé les restes presque complets et bien conservés d’un esturgeon», expliquent les chercheurs de l’Université de Lund (Suède). La découverte, qualifiée d’«unique» par les scientifiques a été rendue possible grâce aux particularités de la mer Baltique, une mer semi-fermée où le taux d’oxygène est faible.

Pas rongé par les vers

«L’épave est en si bon état à cause de l’étrange environnement de la Baltique. Sa faible salinité n’est pas adaptée aux vers marins, qui se nourrissent de bois. Le fond de la mer est une argile fine, idéale pour la préservation des matières organiques, et les faibles niveaux d’oxygène dissous contribuent encore à la préservation des matières organiques», a expliqué à l’AFP Brendan Foley de l’Université de Lund qui a supervisé les recherches.

Un brin ostentatoire, Hans, le roi du Danemark, se rend à l’été 1495 en Suède sur son plus beau navire, le plus imposant bateau de guerre de la région, dans l’intention de restaurer l’union des trois pays scandinaves sous sa régence. «Nous interprétons le poisson non pas tant comme un cadeau, mais comme une manifestation de pouvoir», poursuit M. Foley. «Une interprétation possible, et celle que nous préférons compte tenu de la nature politique de l’ensemble du voyage, est que cela fait partie de l’effort de Hans pour influencer subtilement les nobles suédois à rejoindre l’Union nordique», a-t-il avancé.

Le roi n’était pas à bord

Le souverain n’était pas à bord de son plus beau navire, le «Gribshunden», quand celui-ci, sa précieuse cargaison et une partie de l’équipage, brûle à hauteur de Ronneby, ville côtière suédoise qui appartient alors au Danemark. «La perte du navire a dû être un coup terrible pour le prestige de Hans, et aussi affecter matériellement sa force politique et militaire», conclut le chercheur.

Rétablie quelques années plus tard, l’Union nordique est finalement dissoute avec la sécession définitive de la Suède et son conflit armé avec le Danemark.

(AFP/Lematin.ch)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
3 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Fridolin

05.09.2020 à 10:22

Superbe, j'adore se genre de découverte qui malgré leur bizarreries nous apporte plein de choses.

Mdr

04.09.2020 à 15:58

Titre qui porte a confusion

Jean Gourmet

04.09.2020 à 15:34

J’ai hâte de le déguster, il doit être goûtu.