Actualisé 03.04.2017 à 18:21

DarknetUn étudiant transformé en dealer prend 1 an de prison

Un élève ingénieur toulousain achetait de la drogue sur le darknet. «C'est tellement facile», dénonce son avocate!

par
Jonathan Zalts
Sur le darknet, on trouve de tout. Des armes à feu, de la pornographie douteuse, et beaucoup de drogues.

Sur le darknet, on trouve de tout. Des armes à feu, de la pornographie douteuse, et beaucoup de drogues.

beebright/Fotolia

«Un véritable supermarché», c'est ce qu'ont découvert les enquêteurs de la sûreté départementale en débarquant dans l'appartement d'un étudiant, mercredi dernier à Toulouse. «Au départ, c'était pour assurer ma consommation personnelle. Rapidement, j'ai été débordé» a indiqué le prévenu, selon La Dépêche.

Son business, cet étudiant en informatique l'assurait via le darknet, un réseau caché du web où il trouvait sans problème cocaïne, amphétamine et autre ecstasy. «Ça craint moins que certains dealers» a-t-il souligné. C'est d'ailleurs lors d'une livraison de cette dernière drogue en provenance de Berlin que son juteux trafic a été révélé. Il avait indiqué son adresse avec le nom de l'ancienne locataire. Cette dernière, qui avait fait suivre son courrier, a donc récupéré dans sa boîte aux lettres des cachets bleus et blancs qu'elle immédiatement amené au commissariat.

Le Parquet a expliqué la transformation de «l'élève ingénieur en apprenti dealer» par l'appât du gain. Son avocate voulait quant à elle démontrer au Tribunal correctionnel «que l'ingénieur n'avait rien d'un délinquant mais que c'est tellement facile d'acheter via le darknet!» Il a finalement écopé d'un an de prison, dont quatre mois avec sursis et mise à l'épreuve.

Le darknet, la face cachée d'internet

Relativement faciles d'accès, ces sites de livraisons de drogues à domicile ne sont néanmoins pas trouvables par une simple recherche sur Google. Un programme spécifique est nécessaire pour y accéder. L'un des plus utilisés est Tor, qui utilise un réseau particulier permettant de parcourir la toile de manière anonyme.

«La connexion sur le réseau n’est pas directe comme lorsque l’on se connecte sur le Web de tous les jours. Tor ajoute entre notre ordinateur et le serveur du site consulté une série de nœuds, ou «routeurs onion», comparables aux couches d’un oignon, qui rendent la connexion intraçable. Les adresses des sites hébergés sur Tor finissent ainsi en «.onion» au lieu de «.com», par exemple» a expliqué au journal Le Temps Thibault, un ingénieur en communication qui a tenté l'expérience.

Une fois installé, le programme permet d'accéder à toute une série de sites sur lesquels on peut trouver des armes à feu, de la pornographie illégale et surtout de la drogue.

Une pratique répandue jusqu'en Suisse

Quelques clics suffisent pour trouver le produit de son choix. Comme sur d'autres sites de vente, les vendeurs, anonymes, sont notés sur leurs prestations. Une pratique qui séduit jusqu'en Suisse. «Avec des amis, on voulait essayer le LSD, mais ce n’était pas facile d’en trouver» a témoigné en 2016 un certain Matthias au quotidien Le Temps. Ce dernier s'est alors tourné vers le darknet: «J’ai reçu dix jours plus tard la drogue dans ma boîte aux lettres. Et pour s’excuser du retard, [le vendeur] avait mis 5 grammes au lieu de 1, pour environ 70 francs.»

Anonyme et quasiment intraçable, ce «deal 2.0» est un phénomène qui pourrait bien exploser dans les années à venir et par la même occasion, donner du fil à retordre aux policiers, qui devront considérablement innover pour l'endiguer.

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