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PédophilieUn ex-animateur de la TSR face à ses victimes

Patrick Allenbach sera jugé mercredi à Bourg-en-Bresse (F) pour avoir agressé sexuellement trois adolescents.

Laurent Grabet
par
Laurent Grabet
Patrick Allenbach était un animateur télé en vue de la TSR, à l'époque des faits qui lui sont reprochés.

Patrick Allenbach était un animateur télé en vue de la TSR, à l'époque des faits qui lui sont reprochés.

TSR/HAUSER ANNE/LDD

«Lorsque je l'ai entendu, M. Allenbach ne fanfaronnait pas et semblait prendre conscience du mal qu'il avait fait à ces jeunes, souligne la procureure Marie-Christine Tarrare. Cela l'étonnait même de comprendre que, des années après, ses victimes souffraient toujours. Lui voyait tout ça comme une sorte d'éveil à la sexualité.» La procureure a mené ses investigations suite à des plaintes déposées à l'encontre de Patrick Allenbach en 2010.

Trois plaintes non prescrites

L'affaire avait fait la une des médias. Et pour cause: le prévenu était animateur vedette de la Télévision suisse romande à l'époque des faits. Soit entre 1988 et 1997. Ce binational, résident français, sera jugé demain à Bourg-en-Bresse (F) pour avoir agressé sexuellement à son domicile trois frères, alors âgés de 10 à 12 ans, et qu'il avait approché dans le cadre de ses émissions. D'autres plaintes, notamment celle d'un quatrième frère de la même famille, n'ont pu être prises en compte, le délai de prescription ayant été dépassé.

«L'une des victimes avait présenté M. Allenbach à ses parents qui avaient toute confiance en lui, explique la procureure Tarrare. Ces attouchements ont été réitérés sur plusieurs années. Toutes les victimes avaient fréquenté M. Allenbach en marge de ses émissions télé (ndlr: «Juke-box heroes», «Rock et belles oreilles»). Les garçons se sentaient valorisés car il les prenait un peu comme assistants. A certains, il a offert des voyages aux Etats-Unis. Et puis il y a eu une petite caresse par-ci et une autre plus appuyée par-là. Mais dès que ces jeunes «vieillissaient», il s'en désintéressait.»

«Immaturité affective»

Le sexagénaire, désormais à la retraite, a reconnu les faits qui lui sont reprochés et assume. «Mais il est anéanti, relève son avocat, Me Georges Rimondi. Ses actes lui pèsent.» A en croire son défenseur, Patrick Allenbach avait cessé ses agissements de lui-même en réalisant qu'il faisait du mal à ses jeunes protégés. Il avait ensuite entrepris une psychothérapie. «Il faut se replonger dans le contexte de l'époque, tempère encore Me Rimondi, mon client était très ado sur le plan de la maturité affective. Il s'est laissé emporter dans des débordements d'affection.»

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