Kosovo: Un ex-rebelle désigné premier ministre
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KosovoUn ex-rebelle désigné premier ministre

L'ancien rebelle albanais Ramush Haradinaj a été désigné jeudi Premier ministre du Kosovo par le président Hashim Thaçi, a annoncé celui-ci sur son compte Facebook.

Ramush Haradinaj retrouve une fonction qu'il avait brièvement occupé en 2004-2005.

Ramush Haradinaj retrouve une fonction qu'il avait brièvement occupé en 2004-2005.

AFP

La nomination du nouveau premier ministre, qui doit être avalisée par le parlement kosovar, met un terme à trois mois de blocage politique.

Ramush Haradinaj semble désormais bénéficier d'une majorité après le ralliement d'un petit parti.

Dialogue avec la Serbie

Outre la difficile situation économique du Kosovo, la principale tâche du nouveau gouvernement sera de relancer le dialogue avec la Serbie, au point mort depuis des mois.

La Serbie refuse de reconnaître l'indépendance de son ancienne province albanaise, proclamée en 2008. Cette indépendance est désormais reconnue par plus de 110 pays, dont la majorité des Etats membres de l'Union européenne.

Coalition sans majorité absolue

Ramush Haradinaj était le candidat d'une coalition de partis dirigés par d'anciens commandants de l'Armée de libération du Kosovo (UCK). Elle était arrivée en tête lors des législatives, mais sans majorité absolue et avec une faible avance sur l'opposition, composée du mouvement de gauche nationaliste Vetevendosje, et d'une coalition de droite libérale.

Pour atteindre la majorité, Ramush Haradinaj a dû s'attacher le soutien du petit parti de l'homme d'affaires Behgjet Pacolli, mais aussi des élus de la minorité serbe. Avec le soutien de Belgrade, celle-ci ne se reconnaît pas d'allégeance à Pristina.

Accusé par la justice serbe

Ramush Haradinaj retrouve une fonction qu'il avait brièvement occupée en 2004-2005. Il avait dû démissionner après son inculpation par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour des crimes de guerre lors de la guerre d'indépendance du Kosovo (1998-99, 13'000 morts).

Acquitté à deux reprises, il reste accusé des pires atrocités par la justice serbe. Ramush Haradinaj est d'ailleurs resté bloqué quatre mois en France au début de l'année, le temps pour la justice française d'examiner puis de rejeter une demande d'extradition par la Serbie. Il avait été arrêté le 4 janvier à l'aéroport de Bâle-Mulhouse en vertu d'un mandat d'arrêt international remontant à 2004.

Cet épisode a fait beaucoup pour relancer la carrière politique de celui que ses compatriotes surnomment «Rambo», et qui avait été marginalisé par son compagnon d'armes, Hashim Thaçi. Adversaire résolu de toute concession à Belgrade, Ramush Haradinaj devra toutefois composer avec le président et son parti, le PDK, qui est la principale formation composant la coalition qui le soutient.

(ats)

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