03.03.2018 à 12:52

Hockey sur glaceUn exemple de détermination

L’ailier valaisan de Kloten devra probablement passer par la case AHL avant d’espérer un rappel dans une NHL en mutation. Il a les qualités et le tempérament pour réussir son défi.

par
Emmanuel Favre

L’entente de trois ans conclue par Vincent Praplan (23 ans), l’ailier droit valaisan des Kloten Flyers, avec l’organisation des Sharks de San Jose (NHL) démontre aux moins deux éléments.

Premièrement, Doug Wilson, le directeur général de la franchise californienne, n’a pas réglé son réveil pour regarder les matches des derniers JO de PyeongChang. Le tournoi olympique dépouillé des meilleurs acteurs de la planète n’était même pas considéré comme une curiosité par les grands penseurs de la ligue professionnelle nord-américaine.

Deuxièmement, Vincent Praplan a su capter l’intérêt des Sharks à des moments opportuns. Lors des matches du championnat de National League où il se savait épié par les émissaires de l’équipe américaine et, l’été dernier, lors du camp d’entraînement réservé aux espoirs.

Même s’il appartient au clan des dinosaures de la NHL, Doug Wilson a compris que la ligue, où la tolérance zéro est appliquée avec rigueur, était en phase de mutation. En juillet dernier, il s’était séparé de l’un de ses vétérans historiques (Patrick Marleau). En juillet prochain, il est probable qu’il ne reconduise pas le contrat d’un autre attaquant emblématique de la concession (Joe Thornton).

Même s’il n’a jamais été repêché, Vincent Praplan a un profil intéressant pour espérer se tailler un poste dans une ligue où la vitesse tend à remplacer la robustesse et où les habiletés techniques deviennent plus importantes que les atouts physiques. Le Sierrois est polyvalent, rapide, habile devant le filet et ne rechigne pas à assumer des tâches défensives. De surcroît, comme il avait effectué une partie de son parcours junior au Canada, il a déjà apprivoisé les particularités du mode de vie nord-américain.

S’il entend maximiser ses chances de se tailler un poste dans la grande ligue (son contrat ne lui garantit pas de jouer en NHL), Vincent Praplan devra mieux gérer son énergie sur l’ensemble d’une saison. S’il n’a pas performé aux JO, c’est aussi parce qu’il avait puisé dans ses réserves physiques et mentales en 2017. Il avait beaucoup joué avec Kloten, avait porté l’équipe de Suisse aux Mondiaux de Paris, s’était rendu au Prospects Camp des Sharks, avait effectué une rigoureuse préparation estivale et avait obtenu un temps de jeu conséquent avec des Flyers en manque de talents. Le menu était trop copieux pour le jeune homme.

Comme Praplan est sérieux et intelligent, il a assurément retenu la leçon.

Il sait aussi qu’il transitera par la case American Hockey League, où il devra briller pour espérer obtenir un rappel dans la ligue qui le fait tant rêver.

Sa détermination mérite le plus grand des respects. Son talent et son travail lui donnent des raisons de croire en un fabuleux destin.

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