Jura – Un frelon asiatique actif repéré malgré le froid
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JuraUn frelon asiatique actif repéré malgré le froid

Le tueur d’abeilles virevoltait dans un rucher aux Bois. Trouver son nid ne servirait à rien: les reines sont déjà éparpillées.

par
Vincent Donzé
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Le spécimen attrapé récemment aux Bois.

Le spécimen attrapé récemment aux Bois.

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Il virevoltait devant dans un rucher.

Il virevoltait devant dans un rucher.

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L’an dernier, l’entomologiste Lukas Seehausen participait au Noirmont à la destruction d’un nid.

L’an dernier, l’entomologiste Lukas Seehausen participait au Noirmont à la destruction d’un nid.

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Un frelon asiatique dans un rucher, c’est la vision inquiétante constatée hors saison aux Bois, aux Franches-Montagnes. Aucun autre spécimen du même type n’a été observé cette année dans le Jura. Après s’être déplacé de Delémont aux Bois pour récupérer l’insecte mort et l’observer, l’entomologiste Lukas Seehausen est formel: «Cela veut dire qu’il y a un nid aux alentours.»

Cette découverte tardive démontre que le frelon asiatique est encore actif en dépit d’une météo défavorable, marquée par un été humide. C’est une mauvaise nouvelle: «Nous pouvons nous attendre à en observer au printemps prochain», prévient Lukas Seehausen.

Un émetteur

Le frelon asiatique découvert aux Bois est un mâle. Devant l’impossibilité de capturer une femelle pour lui fixer un émetteur, trouver son nid devient difficile: «Il n’y a pas assez d’individus qui volent. Il fait trop froid», a confié l’entomologiste du Centre international pour l’agriculture et les sciences biologiques (Cabi), à Delémont.

Trouver le nid ne serait pas seulement difficile, mais inutile: «Si nous le trouvons le nid, nous ne pourrons pas neutraliser la colonie: les nouvelles reines sont déjà dispersées», a indiqué le chercheur au «Quotidien Jurassien». Ces reines ne reviendront pas dans le même nid, tandis que les ouvrières encore présentes ne survivront pas à la saison froide.

À papillons

Le premier frelon asiatique découvert dans le Jura l’a été en 2017, à Fregiécourt. L’an dernier, un nid a été repéré au sommet d’un frêne, au Noirmont, grâce à de minuscules radios émetteurs fixés sur deux insectes attrapés dans un filet à papillons devant les ruches d’un apiculteur.

Lors de sa destruction, le 13 octobre 2020, les reines prêtes à la fécondation n’ont pas pu s’échapper pour former de nouvelles colonies. Le nid détruit était constitué de 2800 cellules réparties sur quatre niveaux, avec 266 œufs, 695 larves, 166 prénymphes, 822 nymphes…

Pauvre en miel

Le frelon des Bois fait frémir les apiculteurs. Après une année pauvre en miel, cette menace asiatique plane sur la prochaine récolte. Présidente de la Fédération d’apiculture du canton du Jura, Sonia Burri-Schmassmann a confié sa crainte à la radio RFJ: «Certains apiculteurs ont le moral assez bas et se posent des questions.»

Sonia Burri-Schmassmann appelle les instances fédérales à soutenir l’apiculture en contribuant à la mise en place de mesures pour diminuer l’évolution du frelon asiatique. Un combat qui débute par la collecte de données scientifiques sur cet envahisseur.

La pollinisation

Selon Lukas Seehausen de l’institut Cabi (Centre for Agricultural Bioscience International), le frelon asiatique exerce un stress sur des abeilles domestiques déjà affectées. Ce frelon mange des abeilles sauvages utiles pour la pollinisation, mais aussi des mouches.

Ce gros frelon n’a pas de prédateur, c’est pourquoi Lukas Seehausen recommande de se tourner vers un champignon ou un virus aptes à l’attaquer, en sachant que disséminer un élément pathogène présente toujours un risque.

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