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JaponUn gadget anti-tripotage dans le métro fait fureur

Les premiers exemplaires de ce tampon permettant de marquer l'agresseur avec une encre invisible sont partis en 30 minutes.

par
Michel Pralong
La femme victime d'attouchements dans un transport public peut discrètement marquer son agresseur.

La femme victime d'attouchements dans un transport public peut discrètement marquer son agresseur.

Shachihata

Dans les métros surpeuplés japonais, les agressions sexuelles sur les femmes sont devenues un véritable fléau. Les palpeurs des transports publics ont même droit à un mot pour les désigner: on les appelle «chikan». La mise sur le marché dans le pays, mardi, d'un produit test pour tenter de lutter contre le phénomène a connu un succès énorme, ses 500 premiers exemplaires étant vendus en ligne en 30 minutes. Créé et commercialisé par le spécialiste des marqueurs et tampons encreurs, la société Shachihata, il s'agit d'un tampon permettant d'appliquer une marque en forme de main sur la peau de l'agresseur. Celui-ci ne s'en rend pas compte tout de suite, car l'encre est invisible, apparaissant seulement lorsqu'elle est exposée à des rayons ultra-violets.

Mieux que de piquer l'agresseur

La firme a créé ce produit après avoir reçu un tweet au mois de mai lui demandant si elle n'aurait pas une solution pour lutter contre les chikan. Selon le «Japan Times», cette requête a été déposée alors qu'un débat faisait rage dans le pays suite à la proposition d'un médecin scolaire de piquer les attoucheurs avec des épingles de sûreté. Une idée que certains trouvaient effectivement dissuasive, mais qui, selon d'autres, pouvait s'apparenter à un acte criminel.

Reste que Shachihata a pris la demande au sérieux et a donc créé ce tampon qui fait une marque de 9 millimètres sur la peau de l'agresseur et qu'elle a vendu mardi à 2500 yens pièce (24 francs). Mais comme la police n'a pas été impliquée dans la commercialisation et l'usage de cette arme anti-tripoteurs, pour l'instant, il n'est pas question de contrôle aux UV aux sorties des transports publics. La compagnie précise d'ailleurs qu'elle voit son tampon davantage comme un moyen de dissuasion. Il est en effet vendu avec un mousqueton, permettant de l'accrocher par exemple à son sac à main, bien en vue des éventuels pervers. Il est également équipé d'une petite lampe qui permet de faire apparaître la marque d'infamie. «C'est un petit pas vers une société sans crime sexuel», a écrit Shachihata, qui attend le premier retour des utilisateurs pour savoir si son produit requiert des modifications.

Le tampon encreur est équipé d'un mousqueton pour l'accrocher bien en vue et d'une lampe pour révéler le tatouage temporaire. Image Shachihata

Le tampon encreur est équipé d'un mousqueton pour l'accrocher bien en vue et d'une lampe pour révéler le tatouage temporaire. Image Shachihata

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