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FranceUn «gilet jaune» ira en prison pour violence

Lors d'une manifestation en décembre 2018, un «gilet jaune» avait blessé des policiers avec un engin explosif. Il a reçu vendredi une peine de prison de 3 ans et demi.

L'homme condamné pour violence contre la police avait fabriqué artisanalement son engin explosif. (Photo d'illustration)

L'homme condamné pour violence contre la police avait fabriqué artisanalement son engin explosif. (Photo d'illustration)

Keystone

Un «gilet jaune» a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Nancy à 3 ans et demi de prison, dont 6 mois avec sursis, pour avoir blessé trois policiers avec un engin explosif qu'il avait fabriqué, lors d'une manifestation en décembre 2018.

Une peine de trois ans d'emprisonnement, avec mandat de dépôt, avait été requise à l'encontre du prévenu, âgé de 35 ans.

Il a également été reconnu coupable d'avoir dégradé deux radars en Meurthe-et-Moselle, avec un second prévenu, âgé de 31 ans.

Ce dernier a été condamné à quatre mois avec sursis, soit deux mois de moins que les réquisitions.

Jeunes gens «radicalisés»

«Il s'agit de jeunes gens normaux, qui, très rapidement, se sont radicalisés» et pour qui le mouvement de protestation sociale «était l'occasion de faire n'importe quoi», a relevé le procureur, François Pérain.

Le 22 décembre 2018, lors d'une manifestation de «gilets jaunes» dans le centre-ville de Nancy, un engin explosif artisanal avait blessé trois policiers.

L'enquête s'était intéressée au trentenaire après son contrôle, en possession notamment de pétards et d'artifices de type mortier, le 29 décembre 2018 lors d'une nouvelle manifestation de «gilets jaunes».

Condamné à huit mois de prison pour ces faits, il doit être rejugé prochainement en appel.

Vidéos d'explosions

Les enquêteurs ont saisi dans son téléphone des vidéos d'explosions en forêt d'engins fabriqués artisanalement et des conversations avec son entourage sur le modus operandi.

«C'est préparé: on a réfléchi, on a testé pour avoir la bombe artisanale la plus performante, qui pourra blesser le plus de personnes. C'est un procédé personnel qu'il a utilisé», a dénoncé le procureur.

A l'audience, le prévenu, autoentrepreneur dans la réparation de deux-roues et père d'un nourrisson, a nié les faits. Craignant que son client soit «un bouc émissaire», son avocate a demandé la relaxe, sauf pour la fabrication de l'engin explosif, soulignant qu'il était «mécanicien, touche à tout».

Du matériel pour la confection de bombes artisanales avait été saisi lors de perquisitions. Tête basse, il a reconnu en fabriquer pour le plaisir.

Il a aussi été mis en cause par le second prévenu à qui il avait confié avoir visé les policiers «pour leur faire mal».

«Il était dans la même optique que moi, énervé contre le gouvernement, les amendes. Ce n'était pas contre les policiers, je ne vois pas pourquoi il a fait ça. Je lui ai dit que c'était débile», a-t-il raconté.

(AFP)

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