Armée suisse: Un gilet pour deux soldats, pas plus!
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Armée suisseUn gilet pour deux soldats, pas plus!

100 000 gilets de protection balistique pour les militaires? Guy Parmelin peine à convaincre. Le Conseil des États coupe en deux.

par
Éric Felley
Le nouvel équipement du militaire helvétique prévu pour 2022 comprend quatre éléments: le système de portage, la protection balistique, le système d'hydratation et la tenue de combat.

Le nouvel équipement du militaire helvétique prévu pour 2022 comprend quatre éléments: le système de portage, la protection balistique, le système d'hydratation et la tenue de combat.

DDPS

«Comment allez-vous expliquer à la maman, à l'amie ou à l'ami d'une soldate ou d'un soldat en engagement que, parce qu'on a voulu réduire de moitié le budget, le soldat X aura droit à un équipement de protection quand il monte la garde, alors que le soldat Y n'y aura pas droit?»

Les sénateurs y réfléchiront en temps voulu à cette question du conseiller fédéral Guy Parmelin. Hier, cet argument n'a pas fait flancher la conscience des conseillers aux États. Par 30 voix à 10, ils ont décidé de réduire de moitié le crédit prévu pour acheter des gilets de protection balistique. Ce qui représente une coupe de 99,6 millions de francs, soit 2000 francs par gilet.

Guy Parmelin à la calculette

La commission de politique de sécurité des États considère que l'achat de 100 000 gilets de ce type est disproportionné et que ce matériel resterait finalement inutilisé. Pourtant, Guy Parmelin était venu avec sa calculette pour convaincre les sénateurs. Le programme de développement de l'armée (DEVA) prévoit que 35'000 militaires peuvent être convoqués en l'espace de dix jours: «Ce sont eux qui, naturellement, auront l'équipement lourd dès qu'ils vont devoir intervenir. Ils doivent être intégralement équipés dans ce même laps de temps. Ils disposeront donc tous du matériel attribué à demeure et stocké dans un casier ou une loge». À cela il ajoute 15 000 équipements de protection complète pour les écoles de recrues.

«Les 50'000 équipements restants peuvent être stockés dans un pool de matériel, disponibles pour les militaires des autres formations qui accomplissent leurs cours de répétition ou un engagement quelconque». Argument ultime, il a rappelé la menace terroriste qui pèse sur les hommes en uniforme, évoquant la situation française où il y a environ 90 000 militaires qui sont mobilisés dans les régions.

Le National pourrait corriger

Mais rien à faire. Olivier Français (PLR/VD) fait partie des sceptiques: «En commission, j'ai proposé un compromis à 75'000 gilets, sans succès. La question s'est posée de savoir si nous avons un degré d'alerte aussi fort qu'en Belgique ou en France. Finalement cet équipement servirait en cas de conflit lourd.» Pour Géraldine Savary (PS/VD: «On devrait s'en sortir avec 50'000 gilets, même si l'on subit une attaque terroriste de grande envergure. Au pire, les réservistes pourraient prêter leur gilet».

Dorénavant ce crédit d'équipement, qui fait au total 377 millions de francs, va être débattu au Conseil national. Ici Guy Parmelin pourrait y trouver une majorité à droite avec le soutien de son parti l'UDC. Pour Luzi Stamm (UDC/AG): «Je ne suis pas pour dépenser inutilement de l'argent, mais s'il s'agit de la protection individuelle des soldats, je dis oui sans hésiter». Le PDC a également évoqué la question, mais il semble divisé.

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