Actualisé 03.03.2018 à 07:00

Ski alpinUn globe pour oublier les larmes

Deux semaines après sa désillusion olympique en super-G, Lara Gut renoue avec sa discipline de prédilection ce samedi à Crans-Montana (10h30). Le globe de la spécialité est en jeu.

von
Florian Müller
Lara Gut ne veut pas ressasser le passé et penser à sa déception aux JO (en médaillon), elle est en Valais avec une âme de leader.

Lara Gut ne veut pas ressasser le passé et penser à sa déception aux JO (en médaillon), elle est en Valais avec une âme de leader.

Keystone

Au détour de Crans-Montana, la pléthore de cliniques ne vous aura sans doute pas échappé. Ça tombe bien, Lara Gut se rend sur le Haut-Plateau pour se refaire une santé. Un super-G, ce samedi, pour échapper au marasme de PyeongChang. Histoire d’oublier – ou du moins d’esquisser une tentative de digestion – le scénario catastrophe qui l’a vue échouer à la quatrième place, pour un minuscule centième, du super-G olympique.

Pour retrouver le sourire, il s’agira de battre Tina Weirather aujourd’hui – celle qui justement l’avait privée de médaille à PyeongChang sur la plus infime des marges. Les deux jeunes femmes se tirent la bourre dans la lutte pour le globe de cristal du super-G. Au départ de l’avant-dernière course de la saison, la Tessinoise compte 18 points d’avance sur la Liechtensteinoise. Devancer sa rivale pour pourquoi pas faire un pas en direction d’une distinction (sa troisième dans la spécialité) qui lui mettra du baume au cœur.

Elle voulait tout plaquer

Car, même si elle prétend volontiers le contraire, forte d’un recul salvateur, que ce chocolat amer fût difficile à avaler. Personne n’a oublié les larmes de la Tessinoise dans l’aire d’arrivée; pas même les mots bienveillants de son père n’étaient alors en mesure de les sécher. Elle nous confiera songer à tout plaquer, sous le coup de l’émotion et de la douleur, avant de recouvrer la raison.

Dans son désarroi, Lara Gut a toutefois pu profiter d’une constellation inédite. Wendy Holdener et Michelle Gisin se sont parées de lauriers en Corée du Sud – trois médailles pour la première, une en or pour la seconde. De fait, les rôles se sont inversés.

Alors que tout au long de sa carrière la Tessinoise avait attiré l’attention médiatique pour offrir une ombre bienfaisante au reste de l’équipe de Suisse, c’est elle cette fois qui a pu profiter d’une relative tranquillité: personne ne l’a accablée suite à sa désillusion olympique. Pas de quoi la satisfaire pour autant, et faire taire ses petites voix intérieures qui agitent leurs exigences implacables.

Ce qu'elle en pense

Le retour des JO

«J’ai eu le temps de récupérer du jetlag. On aura le temps d’analyser plus tard, lorsque la saison sera terminée. Je suis ici et je compte bien en profiter. Ce serait une perte de temps de repenser aux Jeux olympiques. J’ai la chance de me battre pour un globe de cristal avec Tina Weirather, ça ne sert à rien de ressasser le passé. Je peux me présenter au départ du super-G ici avec le dossard de leader, et au regard de ma blessure la saison passée c’est déjà une victoire.»

Souvenirs de Corée

«Quand j’y repense, je n’ai même pas eu le temps de manger un barbecue coréen. Mais ce n’est pas le moment de perdre du temps avec des regrets. Lorsque je suis descendue de l’avion, les JO étaient finis dans mon esprit. Faire un bilan, ça voudrait dire que je n’ai rien d’autre à faire que de réfléchir à mon passé. Et ce n’est pas le cas, je dois me concentrer mes priorités: skier vite. Les souvenirs, j’y penserai quand je serai vieille. Maintenant je dois encore écrire mon histoire.»

Sa blessure à la descente olympique

«Je vais bien, c’est sûr que lorsque ce genre de frayeurs se produit aux JO, ça prend des proportions énormes. J’ai senti une douleur dans le genou et j’ai préféré renoncer au combiné par précaution. Je ne me sentais pas en mesure d’être sur la ligne de départ le lendemain en pleine possession de mes moyens. Mais mon genou est à nouveau à 100% maintenant. Mon physio a eu un peu plus de boulot que d’habitude, mais rien d’exceptionnel.»

La course à Crans-Montana

«J’espère pour une fois voir la ligne d’arrivée à Crans-Montana. C’est la troisième fois que je suis là, et ils ont déjà dû annuler genre cinq courses à cause de la météo. La seule descente à laquelle j’ai participé, j’ai été éliminée. J’ai eu quelques belles manches d’entraînement ici, j’aime bien cette piste, avec pas mal de mouvements de terrain. Dimanche, je vais renoncer au combiné, parce que je n’ai pas beaucoup de manches de slalom et que ça ne sert à rien de surcharger mon planning.»

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