Bienne: Un gymnase condamné à prendre l’eau

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BienneUn gymnase condamné à prendre l’eau

Matériel scolaire détruit et bâtiments abîmés: la facture est salée après les crues de l’été dernier.

par
Vincent Donzé
Le gymnase de Bienne a été construit sur un remblai.

Le gymnase de Bienne a été construit sur un remblai.

lematin.ch/Vincent Donzé

Construits sur une nappe phréatique élevée par l’architecte Max Schlup entre 1976 et 1980, les gymnases français et allemand sont particulièrement exposés aux inondations, entre le lac de Bienne et le canal de la Suze. Avec trois bâtiments qui se partagent un sous-sol commun, pas étonnant que l’ensemble ait pris l’eau pendant les crues de l’été dernier.

Sur l’autre rive de la Suze, la salle de sport et un nouveau bâtiment de 25 classes ont subi les plus gros dommages. Chauffage, refroidisseurs, dispositif électrique, revêtement de sol, ascenseurs, détecteurs d’incendie: les dégâts aux bâtiments sont estimés à 4,8 millions de francs, tandis qu’au niveau des biens mobiliers détruits, l’assurance remboursera pas loin d’un million.

Oiseaux empaillés

En pleines vacances d’été, 60 enseignants appelés par la direction ont tenté de sauver leurs documents pédagogiques, un par un, dans des montagnes de papier mouillé ou humide accumulé en sous-sol. Il y avait des œuvres d’art, des oiseaux empaillées et des instruments de musique, dont un harmonium. Les profs ont sécurisé le matériel scolaire en dressant un inventaire des dommages.

Comment de l’eau a-t-elle pu s’infiltrer dans un bâtiment tout neuf et d’autres fraîchement rénovés, alors que le risque d’inondation a été pris en compte lors de la planification? C’est la question posée au gouvernement bernois par les députés Christoph Grupp (Verts) et Peter Bohnenblust (PLR).

Chantier permanent

«Du point de vue de la population, des élèves, des parents et du personnel enseignant, ainsi que du point de vue politique, c’est incompréhensible», estiment les deux intervenants, pour qui «le gymnase du bord du lac se transforme en un chantier permanent», même si contrairement aux locaux de stockage, les classes ont été épargnées.

Qu’est-ce qui est mis en place pour éviter que le matériel scolaire du lycée ne soit à nouveau inondé lors d’une prochaine crue? Même «avec des moyens financiers très importants, il n’est pas possible de protéger complètement les bâtiments contre les dommages causés par une crue telle que celle de l’été dernier», a répondu le Conseil exécutif bernois.

Commandé spécialement

Lors de la planification du nouveau bâtiment, «on a tenu compte d’un concept de protection contre les inondations commandé spécialement», a expliqué au «Bieler Tagblatt» Lorenz Held, chef de l’Office des immeubles et des constructions.

Problème: la pompe de la station de relevage des eaux usées est tombée en panne et un refoulement s’est produit dans une rigole de drainage qui s’écoule dans la Suze. De l’eau s’est alors infiltrée dans le sous-sol.

Les Prés-de-la-Rive ont été inondées devant la sculpture en acier de Jürg Altherr «EQUI-LIBRE XVIII» (1980)

Les Prés-de-la-Rive ont été inondées devant la sculpture en acier de Jürg Altherr «EQUI-LIBRE XVIII» (1980)

lematin.ch/Vincent Donzé

Des mesures d’urgence ont été prises afin de réduire le risque de nouvelles infiltrations: les murs extérieurs du sous-sol ont été rendus étanches et les dispositifs de drainage ont été améliorés. Mais selon le gouvernement, «même un important investissement financier ne permet pas de protéger complètement les bâtiments contre des dégâts liés à des crues extrêmes».

Confirmation par Lorenz Held: «Malgré ces précautions, il ne peut pas être totalement exclu que l’eau s’infiltre à nouveau dans le bâtiment à d’autres endroits». Selon le Conseil exécutif bernois, «ce risque augmente avec le réchauffement climatique».

L’avis du Conseil exécutif

«Pour que les mesures de protection contre les crues soient efficaces, elles doivent en règle générale être opérées dans les fondations d’un bâtiment et entraînent, de ce fait, un travail et des frais importants. Lors de la rénovation en 2015, la priorité était d’améliorer le bilan énergétique des éléments de façade situés au-dessus de la surface du sol. Aucune mesure n’a été prise pour les parois enterrées et les sols. Les années suivantes, les sanitaires et les conduites des salles de sport, devenus vétustes, ont été rénovés et remplacés dans le cadre de l’entretien courant».

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