Suisse – Un homme sur deux et 40% des femmes auront un cancer au cours de leur vie
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SuisseUn homme sur deux et 40% des femmes auront un cancer au cours de leur vie

Le rapport 2021 de l’Office fédéral de la statistique, troisième édition de ce bilan, montre que le nombre de personnes atteintes du cancer augmente, mais que la mortalité diminue.

par
Angelica Zermatten

«Il y a des évolutions réjouissantes: moins de patients meurent de leur cancer que par le passé et les malades vivent plus longtemps.» Le constat a été tiré jeudi par l’Office fédéral de la statistique (OFS), lors de la présentation du «Rapport 2021 sur le cancer en Suisse», qui présente les données pour les années 2013 à 2017.

Près de 23’100 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués chaque année chez les hommes et 19’650 chez les femmes. Le chiffre est en augmentation, surtout en raison de l’évolution démographique et du vieillissement de la population. 9400 hommes et 7650 femmes sont décédés du cancer en moyenne chaque année. «La part de décès imputables au cancer est de 30% pour les hommes et de 23% pour les femmes», indique l’OFS.

Mais le rapport indique que la hausse du nombre de cas n’est pas liée à une augmentation du risque de développer un cancer. Les données montrent au contraire que «ce risque a légèrement baissé chez les hommes et est quasiment inchangé chez les femmes».

Comparaison internationale

Le rapport compare la situation suisse avec celle de neuf pays (Autriche, France, Suède, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Belgique et Norvège). Pour tous les cancers réunis, la Suisse présente un taux d’incidence faible aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Quant au taux de mortalité, la Suisse affiche le deuxième plus bas pour les hommes et le plus bas pour les femmes. Chez les enfants et les adolescents, les taux de survie après un cancer sont comparables à ceux des pays voisins.

Poumon et côlon

Quatre formes de cancers prédominent en Suisse: 50,3% des nouveaux cas enregistrés chaque année chez les hommes étaient des cancers de la prostate, du poumon et colorectaux. Chez les femmes, 51,1% des nouveaux cas étaient imputables au cancer du sein, du poumon ou colorectal.

Toutes les autres formes de cancers représentaient moins de 7% des nouveaux cas. Chez les enfants, les cancers les plus fréquents sont les leucémies, tumeurs cérébrales et tumeurs se développant à partir de tissu embryonnaire immature.

Diminution des taux de mortalité

La bonne nouvelle, c’est que la mortalité diminue: en moyenne 28% chez les femmes et 39% chez les hommes. Par rapport à il y a trente ans, les femmes ont aujourd’hui un risque de mourir du cancer réduit d’un tiers, et même un peu plus que ça chez les hommes. En parallèle, les chances de survie ont augmenté. Le taux de survie à cinq ans dépasse même 85% chez les enfants. Il est toutefois précisé que les chances de survie dépendent du type de cancer, de l’accès aux traitements médicaux et de leur efficacité.

Pas de stratégie nationale de lutte contre le cancer

La Ligue contre le cancer s’est réjouie de l’augmentation du nombre de «survivants», mais souligne que le système de santé suisse ne propose que peu de services de suivi coordonnés au terme de la phase de traitement. Elle rappelle aussi les impacts socio-économiques du cancer: «Une personne sur cinq perd son emploi dans les cinq ans qui suivent le diagnostic.» Enfin, elle juge «regrettable que la stratégie nationale contre le cancer approuvée par la Confédération et les Cantons se soit achevée l’an dernier sans aucun plan pour la suite». La Ligue contre le cancer appelle à l’avenir à une coordination plus efficace de tous les acteurs impliqués dans la lutte contre la maladie.

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