Actualisé 20.08.2017 à 06:40

Attentats en EspagneUn imam au centre de l'enquête

Excepté un homme, tous les auteurs des attentats en Catalogne sont morts ou arrêtés, la cellule djihadiste est «démantelée» selon les autorités.

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Selon le journal El Periódico, l'homme qui aurait planifié les attentats meurtriers du 17 août 2017 en Catalogne circule librement en Europe. (Jeudi 2 août 2018)

Selon le journal El Periódico, l'homme qui aurait planifié les attentats meurtriers du 17 août 2017 en Catalogne circule librement en Europe. (Jeudi 2 août 2018)

Keystone
Nouvelle arrestation dans le cadre de l'attentat de Barcelone. La police espagnole a arrêté un Marocain de 24 ans qu'elle dit lié à plusieurs membres de la cellule djihadiste. (22 septembre 2017)

Nouvelle arrestation dans le cadre de l'attentat de Barcelone. La police espagnole a arrêté un Marocain de 24 ans qu'elle dit lié à plusieurs membres de la cellule djihadiste. (22 septembre 2017)

Keystone
Mohamed Houli Chemlal, seul survivant de l'explosion de la maison où la cellule confectionnait des explosifs, à Alcanar (Jeudi 14 septembre 2017).

Mohamed Houli Chemlal, seul survivant de l'explosion de la maison où la cellule confectionnait des explosifs, à Alcanar (Jeudi 14 septembre 2017).

Keystone

Au troisième jour de deuil national en Espagne, l'attention se concentre sur un imam d'une petite localité de Catalogne. Plusieurs membres de la cellule djihadiste responsable des attentats de Barcelone et Cambrils en sont originaires.

«La cellule a été démantelée», s'est empressé d'affirmer samedi le ministre espagnol de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido. Mais la police catalane a tenu à nuancer, rappelant qu'«une personne (faisait) toujours l'objet d'un avis de recherche». La cellule, avait indiqué un responsable de la police vendredi, compterait une douzaine de personnes. Un dispositif a été mis en place samedi soir en Catalogne, impliquant des barrages en relation avec l'enquête, a annoncé la police.

Après l'avoir fait pour l'attentat à la camionnette bélier de jeudi à Barcelone dont le bilan est de 13 morts et de plus de 120 blessés, l'organisation djihadiste a revendiqué samedi la responsabilité de celui de Cambrils. Cette deuxième attaque a coûté la vie à une personne et a fait six blessés, vendredi juste après minuit. Le groupe EI a en outre revendiqué l'attaque au couteau qui a fait samedi sept blessés à Sourgout, en Sibérie.

Ripoll à la loupe

La presse espagnole s'interrogeait elle sur le rôle d'un imam de Ripoll, Abdelbaki Es Satty, dans l'éventuelle radicalisation très rapide de plusieurs auteurs des attentats - des enfants d'immigrés marocains - originaires de Ripoll, paisible localité catalane de 10'000 habitants à quelque 700 mètres d'altitude au pied des Pyrénées.

Le domicile de l'homme, qui a disparu depuis mardi, a une nouvelle fois été perquisitionné samedi à l'aube, selon son colocataire qui a assisté à l'opération de police. Et, pendant ce temps, les policiers recherchaient toujours un Marocain de 22 ans dont la photo a été diffusée.

Fleurs et bougies

Le roi d'Espagne Felipe VI a voulu redonner confiance.

Il s'est recueilli devant un autel improvisé fait de fleurs et de bougies rouges sur les Ramblas, la fameuse avenue de Barcelone visée par l'attentat. Le monarque a repris l'expression devenue le slogan d'une ville qui refusait samedi soir de perdre sa joie de vivre: «Nous n'avons pas peur». «Et nous n'aurons pas peur à l'avenir», a-t-il déclaré après s'être rendu avec son épouse Letizia au chevet des blessés, dont 12 sont entre la vie et la mort, dans les deux hôpitaux de Barcelone.

Sur cette avenue emblématique, la vie a doucement repris son cours samedi. Une colonne de taxis jaunes a défilé en klaxonnant, avec des pancartes «No tinc por», «je n'ai pas peur» en catalan, et des ballons blancs.

Garde à vue

Ailleurs, au moins quatre suspects étaient toujours en garde à vue, qui en Espagne, en matière de terrorisme, peut durer jusqu'à cinq jours.

La «cellule» mise au jour serait composée des cinq auteurs de l'attaque de Cambrils, qui s'est produite huit heures après celle de Barcelone, tous abattus; d'une personne tuée dans l'explosion accidentelle de gaz dans une maison à Alcanar, à 200 km sud de Barcelone; d'une deuxième, qui pourrait aussi avoir péri; des quatre personnes interrogées et de l'homme encore recherché.

D'après le quotidien El Pais qui cite des sources policières, l'imam pourrait avoir été tué dans l'explosion d'Alcanar. Mais les restes de trois personnes pourraient se trouver dans les décombres.

«La dernière fois que je l'ai vu, c'était mardi (la veille de l'explosion) et il m'a dit qu'il allait voir sa femme au Maroc», a raconté Nourddem, son colocataire, à l'AFP. La déflagration d'Alcanar aura peut-être évité un drame bien plus important: les policiers ont découvert plus de 30 bonbonnes de gaz, qui auraient pu servir à la fabrication d'engins explosifs.

Alerte 4

Le gouvernement a décidé samedi de maintenir le niveau d'alerte terroriste à 4, évitant son niveau maximum, 5, synonyme de risque d'attentat imminent, mais renforçant encore les mesures de protection alors que la saison touristique bat son plein.

Samedi, la Russie a également été touchée: un homme a attaqué au couteau des passants à Sourgout, une ville de 330'000 habitants, avant d'être abattu par la police. L'assaillant était «un soldat de l'EI», a assuré l'Etat islamique.

Messe à la Sagrada familia

Dimanche, Barcelone tentera de revenir à la normale, avec une messe solennelle à 10h00 dans la basilique de la Sagrada Familia et en soirée un premier match du championnat de football espagnol dans son fameux Camp Nou, entre le Betis Séville et le FC Barcelone. Une minute de silence est prévue en hommage aux 14 personnes tuées dans les attaques et les joueurs barcelonais porteront un brassard noir en signe de deuil.

Dans ces «circonstances extraordinaires et lamentables», l'entraîneur barcelonais Ernesto Valverde a affiché samedi sa «solidarité» vis-à-vis des victimes et de leurs familles, fidèle à la devise du Barça, «més que un club» («plus qu'un club»), symbole d'un fort engagement politique, culturel et social en Catalogne.

(AFP)

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