Football: Un investisseur suisse rachète un troisième club européen
Publié

FootballUn investisseur suisse rachète un troisième club européen

Après Clermont Foot 63 et Lustenau, le financier zurichois Ahmet Schaefer vient de racheter un club danois. Une pièce de plus à une alliance de clubs dont le modèle est l’industrie de l’aviation.

par
Patrick Oberli
L’homme d’affaires zurichois Ahmet Schaefer (à gauche) et Jakob Andersen, président de Vendsyssel FF, ont entériné ce mardi la vente du club danois au groupe zougois Core Sports Capital.

L’homme d’affaires zurichois Ahmet Schaefer (à gauche) et Jakob Andersen, président de Vendsyssel FF, ont entériné ce mardi la vente du club danois au groupe zougois Core Sports Capital.

DR

Trois clubs en moins de 18 mois! L’homme d’affaires suisse Ahmet Schaefer a conclu aujourd’hui le rachat de la formation de 2e division danoise de Vendsyssel FF. Cette acquisition – 90% du capital – intervient après les achats des clubs de Clermont Foot 63 (France, 85% du capital) et d’Austria Lustenau (Autriche, participation minoritaire, finaliste de la Coupe d’Autriche 2020) en 2019. La transaction a été signée sur le stade avec le président du club, Jacob Andersen, qui n’est autre que le père du défenseur central danois de l’Olympique Lyonnais Joachim Andersen

Comme une alliance de compagnie d’aviation

Pour Ahmet Schaefer, ancien assistant de l’ex-président Sepp Blatter à la FIFA, c’est la concrétisation d’un projet d’alliance de clubs qu’il a imaginé sur le modèle des compagnies aériennes. Une holding, Core Sports Capital, basée à Zoug, chapeaute la structure qui «fournit» les services centraux, comme la gestion du scouting, le data performance ou la communication. «L’objectif est d’exploiter les synergies offertes par la holding. Et de donner des moyens inaccessibles à des clubs juste trop faibles pour être promu, mais trop pour être relégué,» explique Ahmet Schaefer. Pour cela, le financier zurichois s’est entouré d’expert, dont Jérôme Champagne, ancien numéro 3 de la Fifa, responsable des affaires stratégiques et de la communication ou Ingo Winter, ancien directeur du recrutement, entre autres, de YB et Kaiserlautern.

Un oeil ouvert en Suisse

D’autres clubs rejoindront-ils l’alliance? Ahmet Schaefer ne l’exclut pas, même si pour l’instant, il estime que le temps est venu de consolider la structure actuelle «Reprendre un club n’est pas évident, même si notre philosophie est de continuer à travailler avec la structure en place. Tout doit bien se passer au niveau humain. Un club, c’est à chaque fois 50 personnes, 50 exigences, problèmes ou opportunités potentiels.» Néanmoins, si des opportunités se présentent, rien n’est exclu. «Nous avons aussi regardé en Suisse, confirme Jérôme Champagne. Le football y est très intéressant, mais nous n’avons pas encore trouvé de candidats qui correspondent à nos critères.»

Et ces critères sont assez stricts. Le club doit être financièrement et structurellement sain. Ahmet Schaefer est tout sauf un mécène: «J’investis mon argent et, dans ce sens je suis très pragmatique. Je ne peux pas me permettre d’expérimentation.» Deux autres éléments sont aussi essentiels: «L’ancrage dans la région doit être fort, la fidélité des fans historique, continue Jérôme Champagne. Et la philosophie de jeu est essentielle. Nous voulons la même dans chaque club, ce qui permet de construire des carrières en permettant aux joueurs de se développer à différents niveaux. L’objectif est de préserver la chaîne de valeur des joueurs. D’ailleurs, il y a dix jours, les trois entraîneurs se sont retrouvés au Danemark. Pascal Gastien, coach de Clermont et élu entraîneur de l’année en Ligue 2, a expliqué les principes de son jeu au sol à ses homologues.» À terme, Core Sport Capital espère voir l’ensemble de ses clubs rejoindre leurs premières divisions nationales respectives.

Pour Ahmet Schaefer, il est essentiel que tous les clubs partagent la même philosophie de jeu. Ici, l’entraîneur de Clermont Foot 63, Pascal Gastien, explique son projet de jeu à ses homologues danois et autrichien. Ingo Winter, chef football à Core Sports Capial, suit la séance avec attention.

Pour Ahmet Schaefer, il est essentiel que tous les clubs partagent la même philosophie de jeu. Ici, l’entraîneur de Clermont Foot 63, Pascal Gastien, explique son projet de jeu à ses homologues danois et autrichien. Ingo Winter, chef football à Core Sports Capial, suit la séance avec attention.

DR

Pression sur les salaires

Reste que la période n’est pas facile. Les reprises des différents championnats seront probablement marquées par des contraintes drastiques. «Pour l’instant, notre structure tient bien, même si le football dans son ensemble est fragilisé,» explique Ahmet Schaefer. Et le marché des transferts? «Il y a des avantages et des inconvénients. Certains joueurs qui, avant la pandémie, étaient financièrement inaccessibles, sont désormais intéressants. Le nombre élevé de joueurs sur le marché inflige une pression à la baisse sur les salaires. C’est le moment de repérer les joueurs talentueux qui sont passés sous le radar, ceux qui n’ont pas encore la renommée pour être très chers. Avec trois clubs, nous avons plus de flexibilité. »

Votre opinion

4 commentaires