Incroyable: Un jour de prison pour du papier

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IncroyableUn jour de prison pour du papier

Une habitante de Saint-Légier (VD) risque de se retrouver derrière les barreaux pour avoir déposé des déchets devant le container trop plein d'un centre de récupération.

Pascale Bieri
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Pascale Bieri
Fabienne Maretti a été dénoncée pour avoir déposé du papier dans un carton, comme celui-ci, un jour où les containers débordaient

Fabienne Maretti a été dénoncée pour avoir déposé du papier dans un carton, comme celui-ci, un jour où les containers débordaient

Jean-Guy Python

Attention, cette femme est une criminelle! Elle risque même un jour de prison pour… avoir déposé du vieux papier devant un container réservé à cet usage, dans une déchetterie de Saint-Légier-La Chiesaz (VD). Non, ce n'est pas un gag. «J'ai reçu, par recommandé, une ordonnance pénale qui me condamne à 150 fr. d'amende, ou un jour de prison, si je ne paie pas. Or, il est exclu que je paie», explique Fabienne Maretti, qui oscille entre rage et franche rigolade quand elle raconte sa mésaventure.

«Je n'en reviens toujours pas, poursuit-elle. Le jour où j'ai été dénoncée, le container débordait de partout. Du coup, j'ai mis mon papier dans des cartons vides qui se trouvaient déjà par terre. Ce n'est pas comme si j'avais jeté mes déchets en pleine nature. Là, on est dans un site destiné à la récupération. Pour les employés de la voirie, il était facile de ramasser le papier qui était empilé. Alors, où est le problème?»

Le problème, c'est que la commune de Saint-Légier a un sens très développé du «propre en ordre». Et si, globalement, la gestion des déchets se passe bien dans ce coin de la Riviera, il y a une exception notoire, à en croire Claude Schwab, municipal en charge du dicastère. Et il s'agit de ce fameux centre de tri du chemin de la Bergerie, où Fabienne Maretti a commis son délit: «C'est un éco-point qui est situé à l'abri des regards. Les déchets sont régulièrement entreposés à ciel ouvert par des citoyens indélicats.»

Pas d'avertissement

Bref, face à tant d'horreurs, la Municipalité a décidé de durcir le ton. «Il y a un mois environ, nous avons posé plusieurs panneaux sur place, indiquant que nous ne tolérerions plus de dépôts en dehors des containers et que nous procéderions à des dénonciations sans avertissement», explique l'élu socialiste.

Et ça n'a pas tardé, puisque Fabienne Maretti a été pincée le 4 avril dernier. «L'expérience montre, hélas, que l'atteinte au porte-monnaie est plus efficace que toutes les informations et recommandations», relève encore Claude Schwab.

Toutefois, les grands moyens utilisés par la Municipalité – pour lutter contre le «comportement inacceptable d'une minorité» qui a fait de l'éco-point «une poubelle à ciel ouvert» – en ont déjà fait rire plus d'un sur les réseaux sociaux, depuis que Fabienne Maretti a reçu son ordonnance pénale, mi-mai. «Tout le monde est d'accord pour dire que c'est disproportionné», dit-elle.

La contrevenante a fait recours. Et, au cas où elle ne serait pas entendue, elle a informé son chef qu'elle devra prendre un jour de congé pour subir son «jour de peine privative de liberté de substitution». Et, conclut-elle philosophe: «Ce sera une expérience. Et qui sait, il y aura peut-être le wi-fi!»

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