Mexique: Un journaliste assassiné à la frontière mexicaine
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MexiqueUn journaliste assassiné à la frontière mexicaine

Hector Gonzalez Antonio, retrouvé mort dans le nord du Mexique est le 5e journaliste tué au Mexique depuis janvier.

Image d'archive.

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AFP

Un journaliste mexicain a été «battu à mort» dans l'Etat de Tamaulipas, à la frontière avec les Etats-Unis, a annoncé mardi le parquet, portant le bilan à au moins cinq reporters tués au Mexique cette année.

Hector Gonzalez Antonio était correspondant du journal national Excelsior où il travaillait depuis huit ans après avoir travaillé au quotidien Expreso et pour la chaîne Televisa.

Marié et père de deux enfants, ce journaliste âgé d'une quarantaine d'années avait disparu depuis plusieurs jours, selon un collaborateur de l'AFP et ami du reporter. Son corps a été retrouvé sur un chemin de terre, torse nu, le visage ensanglanté selon des images fournies par les autorités judiciaires.

«Nous ne savons pas encore qui a tué Hector Gonzalez Antonio, ni pourquoi» mais «c'est inacceptable» a dénoncé à l'AFP le directeur du centre d'information de l'ONU au Mexique, Giancarlo Summa.

C'était un journaliste «très prudent avec ce qu'il publiait et ce qu'il disait» selon un des collègues du journaliste, témoignant à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Fief du cartel Zetas

L'Etat de Tamaulipas, bordé par le Golfe du Mexique et frontalier du Texas aux Etats-Unis, est le bastion du redoutable cartel de Zetas, l'un des plus violents du Mexique. C'est un endroit «dangereux pour publier ou dire des choses» sur la violence qui frappe quotidiennement la population, selon cette source. «Plusieurs collègues ont dû partir de la ville après avoir reçu des menaces», assure ce reporter.

Selon Balbina Flores, représentante de Reporters sans Frontières (RSF) au Mexique, cette région «est un trou noir pour la liberté de la presse, et pour cette raison il y a une forte probabilité que ce crime soit lié à son travail journalistique».

Au moins 5 journalistes tués en 2018

«Le Mexique est le pays le plus dangereux pour les journalistes après l'Afghanistan», a rappelé M. Summa qui a demandé une enquête rapide des autorités «permettant d'interpeller les auteurs de ce crime».

Mi-mai, un autre journaliste, Juan Carlos Huerta, avait été abattu à la sortie de son domicile dans l'Etat de Tabasco (sud-est), devenant le quatrième journaliste assassiné depuis le début d'année.

La semaine dernière, le corps sans vie d'une journaliste du Financiero, Alicia Diaz Gonzalez, avait été retrouvé à son domicile de Monterrey (nord), présentant des traces de coups, sans que l'on sache toutefois si cette agression était liée à son activité de reporter.

Plus de 100 journalistes ont été tués au Mexique depuis 2000, selon les associations de défense de la liberté d'expression, dans un pays considéré comme un des plus dangereux pour exercer cette profession.

«Quand on assassine ou menace des journalistes pour leur travail, c'est la liberté d'expression qui est en danger» souligne M. Summa.

En 2017, au moins 11 d'entre eux ont été tués au Mexique, selon les ONG Reporters sans frontière et Articulo 19.

(AFP)

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