30.03.2018 à 16:35

FranceUn journaliste blessé par balles, sa femme abattue

Un journaliste azerbaïdjanais vivant en exil à Colomiers, près de Toulouse avec sa famille, a été la victime d'un guet-apens vendredi matin.

Le couple azerbaïdjanais s'est fait tirer dessus en bas de leur immeuble. La femme est morte.

Le couple azerbaïdjanais s'est fait tirer dessus en bas de leur immeuble. La femme est morte.

AFP

Un journaliste azerbaïdjanais, Rahim Namazov, a été grièvement blessé par balles dans le dos, et sa femme, Aïda, tuée.

Rahim Namazov a été emprisonné, puis menacé de mort avant de fuir son pays et s'exiler en France, selon l'Association des journalistes de Toulouse (AJT) qui l'avait rencontré en 2010 après son exil en France.

Selon les premiers éléments de l'enquête, vers 9h, le couple avait déposé la plus jeune de ses trois enfants à l'école et venait de se garer au pied de son immeuble de quatre étages quand il a été pris pour cible par des tirs provenant d'une autre voiture.

Au total, sept balles ont été tirées par une arme de poing. Aïda Namazov, 39 ans, touchée à la tête, est décédée. Son époux, également âgé de 39 ans, a été blessé dans le dos, et son pronostic vital est engagé, selon une source policière.

Sur place, un périmètre de sécurité a été vite mis en place, a constaté un journaliste. Des rubans jaunes marqués «police technique et scientifique» interdisaient tout accès à l'allée et à la place de parking handicapé où le véhicule du couple, une jaguar, était garée.

Des inspecteurs de la police judiciaire chargés de l'enquête procédaient aux constatations dans ce quartier résidentiel proche du lycée international de Colomiers où les coups de feu ont été entendus.

«Tu vas mourir»

Dans une vidéo postée sur Youtube le 23 décembre 2010, après son arrivée, Rahim Namazov déclarait avoir «écrit dans (son) journal qu'il fallait s'attendre une nouvelle fois à des élections truquées et illégales».

«C'est pour cela que j'ai été arrêté trois fois, emprisonné 10 jours de suite à chaque fois. La dernière fois, on m'a passé à tabac. On m'a cassé une dent. Ils m'ont prévenu: après les élections, tu vas mourir, et ta famille aussi. Parce que tu nous gênes. Après ces menaces, j'ai décidé de m'enfuir», déclarait-il alors.

«S'il s'avère que cet assassinat est lié aux menaces de mort qu'il avait reçues, c'est une atteinte extrêmement grave contre la liberté de la presse», a déclaré Sylviane Baudois, vice-présidente de l'AJT, ignorant si Rahim Namazov avait encore une activité de journaliste.

Le couple était en exil en France depuis 2010. Mais personne n'avait signalé cette présence aux autorités de la ville ni comme exilé politique ni comme un journaliste, a déclaré la maire de la commune Mme Karine Traval-Michelet.

L'Azerbaïdjan, ex-république soviétique du Caucase, est un pays répressif et autoritaire. Il arrive 162 sur 170 dans le classement 2017 de la Liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières.

Selon le journal local La Dépêche du Midi, Namazov avait récemment contacté le commissariat de Colomiers pour dire qu'il se sentait menacé.

(ats)

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