Birmanie - Un journaliste filme son arrestation, la junte l’emprisonne
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BirmanieUn journaliste filme son arrestation, la junte l’emprisonne

Mercredi, la junte birmane a condamné à deux ans de prison un journaliste qui avait diffusé en direct son arrestation sur Facebook.

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L’Assemblée générale de l’ONU est appelée mardi à approuver un projet de résolution non contraignante prévoyant «une suspension immédiate» du transfert d’armes à la Birmanie.

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AFP
Les forces de sécurité ont ouvert le feu jeudi sur des manifestants en Birmanie. Dans l’État septentrional Kachin, on déplore au moins un mort, selon un habitant de la région.

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AFP
Des centaines d’étudiants en médecine ont participé mardi à Rangoun aux funérailles d’un des leurs. (Mardi 16 mars 2021)

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AFP

Un journaliste birman, qui avait diffusé en direct des images de son arrestation par les forces de la junte, a été condamné à deux ans de prison mercredi, ont indiqué ses employeurs, alors que l’armée poursuit sa répression contre les journalistes critiquant le régime.

Aung Kyaw, qui travaillait pour Democratic Voice of Burma (DVB), a été condamné dans la ville de Myeik, dans le sud du pays, en vertu d’une loi datant de l’époque coloniale qui criminalise le fait d’encourager la dissidence contre l’armée, a indiqué ce média.

Diffusion de «fausses nouvelles»

La junte avait révisé cette loi peu après le coup d’État du 1er février pour y inclure la diffusion de «fausses nouvelles» comme un crime. Les forces de sécurité avaient effectué un raid nocturne au domicile d’Aung Kyaw en mars, quelques jours après qu’il eut couvert la répression brutale de manifestations anti-junte à Myeik.

Il avait diffusé en direct sa propre arrestation sur la page Facebook officielle de DVB, les images chaotiques montrant de fortes détonations devant son immeuble. «S’il vous plaît, ne terrorisez pas», avait-il plaidé dans la vidéo. «Si vous tirez comme ça, comment vais-je descendre?».

Aung San Suu Kyi a été évincée le 1er février.

Aung San Suu Kyi a été évincée le 1er février.

AFP

Eviction d’Aung San Suu Kyi

La Birmanie est en proie à des troubles depuis que les militaires ont évincé la dirigeante Aung San Suu Kyi le 1er février, déclenchant un soulèvement de masse. La junte a répondu par la force, tirant sur les manifestants, arrêtant des dissidents présumés lors de raids nocturnes et ciblant des journalistes et des médias en les fermant.

Selon le groupe de surveillance Reporting Asean, 87 journalistes ont été arrêtés depuis le coup d’État, dont 51 sont toujours en détention.

Plusieurs journalistes étrangers ont été arrêtés, parmi lesquels le journaliste américain Danny Fenster, alors qu’il tentait de quitter le pays le 24 mai. Le média pour lequel il travaille, Frontier Myanmar, a indiqué lundi ne pas avoir encore reçu d’informations sur sa localisation ou son état de santé, une semaine après son arrestation.

Journalistes dans la clandestinité

Organisme de presse bien connu en Birmanie, Democratic Voice of Burma (DVB) a débuté comme média en exil sous la précédente junte avant 2011, produisant et diffusant des programmes de télévision et de radio non censurés. La junte avait révoqué sa licence de diffusion en mars, poussant les journalistes dans la clandestinité.

Malgré ce revers, DVB a continué à faire des reportages, publiant régulièrement des informations sur sa page Facebook – et diffusant également des programmes via la télévision par satellite –, sur les manifestations et les mesures de répression quotidiennes.

(AFP)

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