Espagne: Un Lausannois au coeur de la tempête Gloria: «J'ai eu très peur!»
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EspagneUn Lausannois au coeur de la tempête Gloria: «J'ai eu très peur!»

Né à Lausanne et désormais habitant Tavernes de la Valldigna, Joaquim Fernandez a assisté médusé à la violence de la tempête qui a frappé l'Est de l'Espagne, il y a une dizaine de jours.

par
lematin.ch
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Tavernes de la Valldigna a été frappé de plein fouet par la tempête Gloria. Lesrues sont devenues des rivières. Au centre de cette image prise par Joaquim Fernandez, se trouvait un lac artificiel d'eau douce. On le voit ici disparu sous l'eau de mer. Un désastre pour la faune qui s'y trouvait.

Tavernes de la Valldigna a été frappé de plein fouet par la tempête Gloria. Lesrues sont devenues des rivières. Au centre de cette image prise par Joaquim Fernandez, se trouvait un lac artificiel d'eau douce. On le voit ici disparu sous l'eau de mer. Un désastre pour la faune qui s'y trouvait.

Facebook/Joaquim Fernandez
Tavernes de la Valldigna a été frappé de plein fouet par la tempête Gloria. Lesrues sont devenues des rivières. Au centre de cette image prise par Joaquim Fernandez, se trouvait un lac artificiel d'eau douce. On le voit ici disparu sous l'eau de mer. Un désastre pour la faune qui s'y trouvait.

Tavernes de la Valldigna a été frappé de plein fouet par la tempête Gloria. Lesrues sont devenues des rivières. Au centre de cette image prise par Joaquim Fernandez, se trouvait un lac artificiel d'eau douce. On le voit ici disparu sous l'eau de mer. Un désastre pour la faune qui s'y trouvait.

Facebook/Joaquim Fernandez
Des rafales de 100 km/h ont balayé la région.

Des rafales de 100 km/h ont balayé la région.

Facebook/Joaquim Fernandez

«Ici, les habitants n'avaient jamais vu quelque chose d'aussi violent. Je ne suis pas d'un naturel craintif mais j'ai eu très peur.» L'homme qui s'exprime s'appelle Joaquim Fernandez. Sur Facebook, ce solide Espagnol spécialiste en arts martiaux, qui est né à Lausanne et y a vécu jusqu'en 2008, a publié des images et des vidéos de la tempête Gloria qui a frappé l'Est de l'Espagne, voici une dizaine de jours.

L'événement météorologique, d'une forte puissance, a fait plus d'une dizaine de morts dans le pays, causé d'énormes dégâts. Et laissé Joaquim sans voix. Travailleur dans l'animation socio-culturelle, il est établi à Tavernes de la Valldigna, sur la côte, à une cinquantaine de kilomètres de Valence: «C'est la première fois que je vis un truc pareil, explique-t-il encore secoué. Les rafales de plus de 100 km/h soulevaient et arrachaient les stores, les volets, envoyaient des pierres contre les murs... On voyait les palmiers totalement malmenés, le bruit du vent était impressionnant.»

Des rues devenues des rivières

Et puis soudain, c'est la mer, à proximité, qui a fait irruption dans les rues de Tavernes de la Valldigna: «L'immeuble dans lequel je me trouve se situe à un peu plus de 30 mètres de la plage. Des vagues de huit mètres se sont dessinées sur la mer, percutant le sable, les dunes et entrant dans les rues qui se sont instantanément transformées en rivière. Même à l'abri chez moi, je n'en menais pas large. Le grand étang artificiel aménagé devant chez moi a disparu sous les flots. Dans le parking, l'eau montait jusqu'à ma taille. Les voitures sont fichues. Aujourd'hui, vu les dégâts, on craint des courts-circuits et des incendies.»

L'eau en train d'envahir les rues de Tavernes de la Valldigna, en Espagne. (Facebook/Joaquim Fernandez)

Bloqué quatre jours dans l'immeuble, Joaquim Fernandez a pu constater que la solidarité a fonctionné à plein régime: «Heureusement, nous avions des vivres car il était impossible de sortir et, naturellement, d'accéder au moindre magasin. Les pompiers veillaient au grain, prêts à se porter au secours de ceux qui auraient pu avoir besoin de soins, par exemple.»

Des autorités absentes

Pour autant, Joaquim estime que les autorités politiques n'ont pas pris leurs responsabilités. «Surtout, elles n'avaient pas prévu un cas pareil et pris les bonnes dispositions. Il faut informer la population, d'autant plus que de nouvelles tempêtes, plus puissantes, sont annoncées! On ne savait rien et étions livrés à nous-mêmes», s'enflamme-t-il. Le Lausannois d'origine est actuellement en discussion avec les dirigeants de Tavernes de la Valldigna, ne serait-ce que pour savoir qui va payer pour les dégâts survenus lors de l'événement.

«L'Homme a trop longtemps pollué la Terre impunément. Désormais, la Nature se rebelle et nous nous retrouvons face à une météo qui nous défie, constate-t-il. Même la biodiversité est bouleversée. Ici, suite à cette tempête, crabes, poissons et faune aquatique ont été malmenés. Jusqu'où cela va-t-il nous mener?» En attendant, ce sont maintenant des montagnes de sable charriées par l'eau qui recouvrent les rues de Tavernes de la Valldigna. Ce sable même qui avait été placé pour renforcer les plages rongées par la mer. Comme un retour à l'expéditeur...

Laurent Siebenmann

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