Valais - «Un lynchage médiatique d’une violence inouïe»
Publié

Valais«Un lynchage médiatique d’une violence inouïe»

Le chef de service valaisan épinglé pour ses propos «complotistes» estime aujourd’hui que ses prises de position sont proches de celles du professeur Didier Pittet. Un peu tiré par les cheveux.

par
Eric Felley
Le chef du Service de la formation professionnelle valaisan Claude Pottier, à droite, cite pour sa défense le professeur Didier Pittet.

Le chef du Service de la formation professionnelle valaisan Claude Pottier, à droite, cite pour sa défense le professeur Didier Pittet.

AFP/DR

Depuis mardi, le chef du Service de la formation professionnelle en Valais, Claude Pottier, a fait l’objet d’une série d’articles et d’émissions mettant en cause ses positions «complotistes» au sujet de la pandémie du Covid-19. Ce vendredi, sur Facebook, il dit avoir fait l’objet «d’un lynchage médiatique d’une violence inouïe».

Même s’il a déclaré vouloir s’abstenir dorénavant de prendre publiquement position, il revient sur les reproches qui lui ont été faits: «J’ai été, écrit-il, à mon insu au cœur d’une polémique dans toute la Suisse, qu’on a qualifié mes propos de «complotistes» et qu’on m’accuse de nuire aux intérêts de l’État, m’exposant ainsi à des sanctions de la part de mon employeur».

Pour montrer sa bonne foi, et «par devoir de vérité et parce que ces mêmes médias ont volontairement refusé de mentionner ces documents», il cite pour sa défense le professeur et épidémiologiste Didier Pittet sur trois questions critiques.

La vaccination et les variants

Premièrement, Claude Pottier a affirmé: «Aujourd’hui, nous avons la preuve que les principaux variants sont issus des vaccinés…» A ce sujet, Didier Pittet dit: «Les variants que l’on craint le plus vont naître dans les pays où il y a le plus de vaccinations, parce que c’est une course entre le variant et le vaccin. Le virus sent plus de résistance, a de plus en plus de capacité à se dire: il faut que je change sinon je meurs». Ce n’est pas tout à fait pareil d’affirmer que ce sont les vaccinés eux-mêmes qui produiraient les nouveaux variants.

Une crise «sciemment orchestrée»

Deuxièmement, Claude Pottier persiste à dire que la pandémie n’est pas une crise sanitaire, «mais une crise politico-économique sciemment orchestrée par les pharmas et la finance avec la bienveillante caution du monde politique». Il cite alors Didier Pittet dans «L’Illustré», pour qui: «La cupidité des pharmas est sans limite». Le professeur évoque le problème des brevets et se dit «scandalisé par l’attitude des laboratoires qui refusent de considérer leurs vaccins, pourtant développés grâce à des flots d’argent public, comme un bien commun». Que les pharmas aient des intérêts financiers dans cette pandémie, c’est évident, mais cela ne prouve pas encore qu’il y a une alliance «orchestrée» entre le monde politique et ces acteurs économiques.

Le professeur Raoult

Enfin, on a reproché à Claude Pottier de soutenir le professeur français contesté Didier Raoult. Le Valaisan cite Didier Pittet dans l’émission «C à vous» sur France 5 en juin dernier. Il dit: «Didier Raoult est le plus grand microbiologiste au monde». Un grand microbiologiste, certes, mais dans la même émission, Didier Pittet dit aussi que sur les questions épidémiologiques, le professeur Raoult en connaît un peu moins.

Votre opinion

539 commentaires