Actualisé 20.05.2020 à 00:13

SyrieUn magnat syrien voit ses actifs saisis par l’État

Un cousin d'Assad, magnat des télécoms endetté, s'est plaint mardi de la saisie par l'État syrien de tous ses actifs.

Rami Makhlouf en 2010 à Damas.

Rami Makhlouf en 2010 à Damas.

AFP

Le magnat Rami Makhlouf, un cousin du président Bachar el-Assad qui est à la tête de Syriatel, le plus grand opérateur de la téléphonie mobile en Syrie, a annoncé mardi sur Facebook que l'État avait ordonné la saisie de tous ses actifs. L'administration réclame en effet à cette société le paiement de 185 millions de dollars d'arriérés qu'elle affirme lui être dus.

L'Autorité syrienne de régulation des télécommunications «saisit mon argent, l'argent de ma femme et de mes enfants, même si son problème est avec ma compagnie et pas avec moi personnellement», a affirmé ce riche homme d'affaires, qui a longtemps été le principal appui financier du régime Assad.

Rami Makhlouf, qui a aussi des intérêts dans le pétrole, l'électricité et l'immobilier, a en outre déclaré s'être vu «interdire de travailler avec l'État pendant cinq ans».

L'Autorité syrienne de régulation des télécommunications et de la poste a de son côté accusé Syriatel de manquer à ses engagements et l'a récemment averti qu'elle allait prendre toutes les mesures légales pour recouvrer «les droits de l'État» et les «sommes légalement» dues par Syriatel et nécessaires au maintien de sa licence.

Sanctions américaines

Âgé de 51 ans, Rami Makhlouf est inscrit sur la liste des sanctions américaines depuis 2008. Dans des vidéos, il a interpellé Bachar el-Assad tout en s'épanchant sur des arriérés de paiement réclamés par l'État et les mesures d'intimidation des services de sécurité. Dimanche, il a affirmé que les autorités avaient exigé que Syriatel «verse ses bénéfices à l'État, faute de quoi nous serions arrêtés» et le permis de cette société révoqué.

La brouille de Rami Makhlouf avec le pouvoir a éclaté en 2019, lorsque ce dernier a pris le contrôle de son organisation caritative, Al-Boustan, avant de dissoudre des milices qui lui étaient affiliées. En décembre, le gouvernement a gelé les avoirs de plusieurs hommes d'affaires pour évasion fiscale et enrichissement illégal pendant la guerre, y compris ceux de Rami Makhlouf.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, près de 60 employés - 40 travaillant à Syriatel et 19 pour l'association Al-Boustan- ont été arrêtés par les forces de l'ordre depuis avril.

(AFP)

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