17.11.2015 à 00:45

Un médicament contre l'alcoolisme pour traiter le sida

Santé

Associé à d'autres substances, le disulfiram pourrait contribuer à l'élimination du sida chez les séropositifs traités.

Illustration: un scientifique du laboratoire spécialisé dans le sida à l'hôpital de Philadelphie (Etats-Unis).

Illustration: un scientifique du laboratoire spécialisé dans le sida à l'hôpital de Philadelphie (Etats-Unis).

AFP

Un médicament utilisé pour traiter l'alcoolisme, associé à d'autres substances, pourrait contribuer à l'élimination du sida chez les séropositifs traités. Il réveille le virus dormant dans l'organisme infecté, permettant ainsi de le détruire ainsi que les cellules qui l'hébergent.

Le médicament, appelé disulfiram (noms de marque selon les pays: Antabuse, Esperal...), n'a pas d'effets secondaires, notent les auteurs dont l'étude paraît mardi dans la revue médicale en ligne The Lancet HIV.

Actuellement, un traitement antirétroviral (ART), un cocktail de médicaments standard souvent surnommé trithérapie, permet de garder le contrôle du virus (VIH) chez les patients séropositifs, mais sans les en débarrasser définitivement.

Le virus reste en effet tapi dans le corps de personnes traitées, sous forme latente (dormante). Ce réservoir, difficile à atteindre, est l'un des plus grands obstacles à l'élaboration d'un traitement permettant d'assurer une guérison certaine.

Stratégie prometteuse

«Réveiller» le virus dormant est une stratégie prometteuse pour débarrasser les patients du VIH. Mais «réveiller le virus est seulement la première étape pour l'éliminer», souligne Julian Elliot, directeur de la recherche clinique dans le service des maladies infectieuses à l'hôpital Alfred à Melbourne (Australie), premier auteur de l'étude.

«Maintenant, nous devons travailler sur la façon de se débarrasser des cellules infectées», ajoute-t-il.

D'autres médicaments ont également été testés pour s'attaquer au réservoir de VIH, mais sans grand succès, ou ils se sont avérés toxiques. Dans l'essai clinique conduit par Sharon Lewin, directrice de l'institut Doherty à Melbourne, 30 personnes sous traitements antirétroviraux ont reçu des doses croissantes de disulfiram sur une période de trois jours.

A la dose la plus élevée, une stimulation du VIH dormant, sans effets indésirables sur les patients, a été obtenue, selon les auteurs.

Avec plus de 34 millions de morts à ce jour, le sida continue d'être un problème majeur de santé publique, selon l'OMS. A la fin de 2014, on comptait environ 36,9 millions de personnes vivant avec le VIH.

(ats)

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