Actualisé 08.12.2016 à 13:09

SuisseUn ménage sur dix occupe un logement trop grand

Une étude indique jeudi que certains locataires aimeraient occuper moins d'espace mais sans succès.

Archives/Photo d'illustration, AFP

Environ un ménage suisse sur dix - soit quelque 350'000 au total - estime disposer de trop de surface habitable. Nombreux sont ceux qui accepteraient de déménager dans un logement plus petit, si une offre plus adéquate était proposée.

Mais pour beaucoup d'autres habitants de logements plus grands que la moyenne, l'option d'un déménagement n'entre pas vraiment en ligne de compte, puisqu'ils ne pensent pas occuper trop d'espace, indique jeudi l'Office fédéral du logement (OFL), sur la base d'une étude de la Haute école de Lucerne.

Seules des mesures spécifiques permettraient de les inciter à occuper un logement plus petit et à diminuer la surface habitable qu'ils utilisent, explique l'étude, fondée sur les données du Panel suisse des ménages.

Statistiquement, les ménages qui disent avoir trop d'espace disposent de revenus plus élevés, sont plus âgés et occupent une maison individuelle plutôt qu'un appartement. Ils sont aussi plus fréquemment propriétaires, se logent à meilleur compte et vivent moins souvent dans des zones urbaines. Près de 8% des ménages sondés se sentent au contraire à l'étroit.

45 m2 par habitant

Dans l'ensemble, les Suisses se logent plutôt confortablement: la surface habitable est passée de 34 m2 par habitant en 1980 à 45 m2 en 2014, selon une analyse menée par l'Institut d'études économiques de Bâle, sur mandat de l'OFL et de la division du développement territorial du canton de Bâle-Ville.

Cette étude relève que seules des interventions relativement fortes sur le marché du logement permettraient d'atteindre une réduction importante de la consommation de surface habitable, souligne l'OFL. Des prescriptions dans le secteur de la construction de logements subventionnés ou des systèmes incitatifs (conseils au déménagement, bonus pour une planification dense, etc.) sont notamment mentionnées.

Avec cependant un bémol: les instruments les plus efficaces sont aussi ceux qui modifieraient le plus le fonctionnement actuel du marché du logement, et entreraient le plus en contradiction «avec d'autres intérêts importants». En particulier, pour les taxes d'incitation, il faudrait des sommes colossales pour obtenir un effet.

Aussi, «les inconvénients de ces instruments sont sans doute aujourd'hui trop importants, raison pour laquelle ils doivent être écartés», écrit l'OFL dans son communiqué. L'étude bâloise montre pourtant à quel point la politique du logement peut contribuer à la protection du paysage et des terres cultivées, de même qu'au développement à l'intérieur des zones bâties.

A cause de la LAT

Ces deux études ont été réalisées entre autres à la suite de l'acceptation par le peuple de la révision de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT), en mars 2013. Ce choix illustrait la volonté de la population de protéger le paysage et les terres cultivables, note l'OFL.

Ce dernier rappelle qu'en Suisse, les surfaces au sol des immeubles d'habitation ont crû de 53% entre 1985 et 2009, tandis que la population résidante n'a augmenté que de 17%. L'habitat est un des facteurs essentiels de consommation de terrains et du mitage du territoire.

(ats)

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