Actualisé 22.12.2015 à 17:24

ExilUn million de migrants arrivés en Europe en 2015

Près de trois quart des migrants proviennent soit de Syrie, à raison de 50%, soit d'Afghanistan pour 20%.

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Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Marina Militare, Reuters
Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Keystone
Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Keystone

Un million de migrants sont arrivés depuis janvier en Europe, en empruntant pour la plupart les voies maritimes périlleuses de la Méditerranée, le flux migratoire le plus important depuis la Seconde guerre mondiale, ont annoncé mardi l'Organisation internationale pour les migrants (OIM) et l'ONU. Les arrivées se sont nettement taries depuis le pic d'octobre.

«Au 21 décembre, quelque 972.000 avaient traversé la mer Méditerranée, d'après les chiffres du HCR. En plus, l'OIM estime que plus de 34.000 s'étaient rendus en Bulgarie et en Grèce après avoir traversé la Turquie», ont indiqué l'OIM et le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué conjoint.

Déplacements plus importants que pendant la seconde guerre mondiale

Les arrivées par mer cette année ont été ainsi presque cinq fois plus nombreuses qu'en 2014. Il s'agit du «flux migratoire le plus élevé depuis la Seconde guerre mondiale» en Europe, a souligné l'OIM dans une autre note envoyée aux médias.

En 2015, relèvent le HCR et l'OIM, «le nombre de personnes traversant la Méditerranée a augmenté régulièrement, depuis environ 5000 en janvier pour atteindre un pic mensuel de plus de 221'000 en octobre».

Depuis, le flux s'est ralenti, avec 67'700 arrivées en Grèce par la mer en décembre, selon l'OIM. Cette baisse s'explique par le mauvais temps et par une répression des passeurs par les autorités turques, selon les deux organisations humanitaires basées à Genève.

Près de 4000 morts

La très grande majorité des réfugiés et migrants - plus de 821'000 - est passée par la Grèce. 816'000 d'entre eux sont arrivés par la mer. Par ailleurs, au total environ 150'000 sont arrivés depuis janvier en Italie, près de 30'000 en Bulgarie, plus de 3800 en Espagne, 269 à Chypre et 106 à Malte, selon l'organisation basée à Genève.

Le périple des migrants n'est pas sans danger, soulignent les humanitaires: près de 3700 sont morts ou portés disparus cette année en mer.

Parmi les migrants qui ont traversé la Méditerranée, «une personne sur deux cette année - un demi-million de personnes - étaient des Syriens fuyant la guerre dans leur pays», selon le HCR et l'OIM. Les Afghans ont représenté 20% des arrivées et les Irakiens 7%.

Contributions positives

«Alors que les sentiments anti-étrangers augmentent dans certains endroits, il est important de reconnaître les contributions positives des réfugiés et migrants aux sociétés dans lesquelles ils vivent», a affirmé le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, cité dans le communiqué.

Il a appelé à défendre les «valeurs européennes fondamentales» comme la promotion des droits humains, de la tolérance et de la diversité. «Nous savons que les migrations sont inévitables, nécessaires et souhaitables», a relevé pour sa part le directeur général de l'OIM, William Lacy Swing.

Beaucoup reste à faire

Les deux hauts dirigeants n'ont eu de cesse de déplorer ces derniers mois la construction de barrières aux frontières de certains pays européens pour empêcher l'arrivée des migrants, comme en Hongrie. Plusieurs pays, comme la Suède récemment, ont par ailleurs adopté des législations permettant de renforcer les contrôles d'identité aux frontières.

Les organisations considèrent toutefois qu'«après une réaction initiale chaotique qui a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes de la Grèce à travers les Balkans occidentaux et plus au nord, (...), une réponse européenne plus coordonnée commence à prendre forme». «Mais bien plus reste à faire», notamment en matière de réception et d'enregistrement des migrants.

Alors que la guerre en Syrie se poursuit, Antonio Guterres s'est prononcé lundi en faveur d'un «New Deal» en faveur des pays limitrophes de la Syrie qui accueillent des millions de réfugiés de ce pays.

(AFP)

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