Allemagne: Un ministre se réjouit de l'expulsion d'Afghans
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AllemagneUn ministre se réjouit de l'expulsion d'Afghans

Le ministre de l'Intérieur allemand, Horst Seehofer, s'est réjoui mardi que 69 Afghans aient été expulsés.

Lors d'une conférence de presse, le ministre s'est prévalu de la hausse du rythme d'expulsion de demandeurs d'asile. (Mardi 10 juillet 2018)

Lors d'une conférence de presse, le ministre s'est prévalu de la hausse du rythme d'expulsion de demandeurs d'asile. (Mardi 10 juillet 2018)

Keystone

Le ministre allemand de l'intérieur, le chrétien-social (CSU) Horst Seehofer, a noté avec satisfaction, mardi, que 69 Afghans avaient été expulsés d'Allemagne, le jour même où il fêtait ses 69 ans. Il a présenté son «grand plan sur les migrations».

Lors d'une conférence de presse, le ministre s'est prévalu de la hausse du rythme d'expulsion de demandeurs d'asile.

«Juste le jour de mon 69e anniversaire - et je ne l'avais pas demandé - 69 personnes ont été expulsées vers l'Afghanistan», a-t-il lancé. «C'est bien au-dessus de ce que l'on a fait auparavant».

Président de la CSU depuis octobre 2008, Horst Seehofer se bat pour rester à ce poste, alors même que la formation conservatrice bavaroise est en net recul dans les sondages. Son principal rival à la présidence de la CSU est l'actuel ministre-président de Bavière, Markus Söder.

Accord avec Merkel

Certains, au sein de la CSU, estiment qu'un langage musclé est une bonne manière de contrer le discours anti-immigration du parti xénophobe et eurosceptique AfD (Alternative pour l'Allemagne). Ce dernier a le vent en poupe et a fait son entrée au Bundestag en septembre dernier, devenant le troisième parti en voix derrière la coalition CDU/CSU et le SPD.

Aux législatives du 24 septembre 2017, l'AfD a recueilli 12,64% des suffrages, soit 94 élus au Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, qui compte 709 sièges. La formule utilisée par M. Seehofer concernant l'expulsion des 69 Afghans contraste particulièrement avec le discours mesuré de la chancelière allemande Angela Merkel, qui rappelait la semaine dernière, à propos des migrants et des réfugiés, qu'il ne fallait «jamais oublier qu'il s'agit de personnes».

Horst Seehofer (CSU), en conflit avec Mme Merkel sur la politique migratoire, était à l'origine d'une fronde contre la chancelière, qui menaçait de faire éclater la fragile coalition gouvernementale allemande, difficilement mise en place en mars. Les deux dirigeants ont conclu, il y a une semaine, un compromis prévoyant notamment l'instauration de «centres de transit» à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche.

Les services vitaux de plus en plus inaccessibles aux migrants

Confrontés à une hostilité grandissante, les migrants ont de plus en plus de mal à accéder à l'aide humanitaire et aux services vitaux dans les pays d'accueil. Cela se fait au mépris du droit international, dénonce mardi la FICR.

(ats)

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