Humeur: Un miracle aux archives fédérales
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HumeurUn miracle aux archives fédérales

Petit dialogue, totalement fictif, après la découverte d’un rapport des années 90 sur Crypto AG, qui avait disparu mais qui a été retrouvé mardi après des mois de recherches. Si du vrai devait se nicher dans les propos ci-dessous, ce serait par pure «inadvertance».

Les Archives fédérales.

Les Archives fédérales.

Keystone

- On l’a retrouvé, chef, c’est un miracle.

- Quoi ?

- Le rapport de la police fédérale sur Crypto AG de 94.

- Non ?

- Oui, pourquoi, fallait pas ?

- Oui, c’est bien… Bien joué les gars ! Il était où ?

- Eh bien au mauvais endroit, une perturbation dans la circulation des documents

- Une erreur volontaire d’après vous ?

- Cela dépend.

- Comment cela dépend?

- Vous voulez dire que… C’est peut-être une erreur de classement involontaire ? Une inattention, chef ?

- C’est comme ça que je vois les choses.

- Alors c’est ça, on peut le dire, à l’époque le document a fait l’objet d’une inadvertance.

- L’important, pour l’opinion publique, c’est qu’il n’a pas été détruit. Vous avez lu ce qu’il y a dedans ?

- Un peu, ce sont des procès-verbaux, visite à Crypto AG, Steinhausen. Ce n’est pas très épais.

- De toute façon, il reste couvert par le secret, comme vous…

- Pas de souci, chef.

- L’important est de montrer que les Archives fédérales ne sont pas une passoire. Il était mal classé, c’est moins grave.

- On ne peut pas nous accuser de complicité, d’avoir fait disparaître des preuves.

- Ce n’est plus notre affaire, maintenant, ils feront ce qu’ils veulent du document.

- Qui, ils?

- Les enquêteurs.

- Cela ne dépend plus de nous.

- Non, nous ne sommes que des archivistes, pas des politiques.

- En tout cas l’honneur des archivistes est sauf.

- On peut le dire. Je vous félicite vous et votre équipe, cela ne sera pas oublié.

- Merci.

- Et le reste, ce ne sont pas nos oignons.

- Ça n’a pas grande importance, chef ?

- Je n’en ai pas l’impression.

Une pièce d'Eric Felley, les décors sont de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell.

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