Actualisé 17.08.2018 à 11:05

Eglise«Un nouveau chapitre de la sinistre histoire des abus sexuels»

Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, réagit fortement au scandale des abus sexuels aux Etats-Unis après le rapport mettant en cause 300 prêtres et des milliers de victimes.

par
Eric Felley
Pour Mgr Charles Morerod, le rapport qui a été rendu public aux Etats-Unis montre que l'impunité des prêtres est plus importante là où l'Eglise a un pouvoir fort.

Pour Mgr Charles Morerod, le rapport qui a été rendu public aux Etats-Unis montre que l'impunité des prêtres est plus importante là où l'Eglise a un pouvoir fort.

Keystone

Sur le site de cath.ch, l'évêque de Lausanne Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod, parle «d'un nouveau chapitre de la sinistre histoire des abus sexuels». Dans un article consacré au rapport publié par le Procureur de Pennsylvanie; il constate que non seulement des agressions sexuelles ont été commises par des prêtres, mais qu’elles «ont été cachées par certains responsables d’Eglise, ce qui constitue un second abus».

Il relève aussi dans ces affaires la difficulté pour les victimes de mettre en cause les hommes de Dieu. Cela «a favorisé un sentiment d’impunité et de pouvoir. Le rapport montre que certains policiers refusaient d’arrêter des prêtres. Le problème est plus vif là où l’Eglise possède un grand pouvoir».

En Suisse, 218 cas depuis 1950

Mgr Morerod connaît bien les Etats-Unis, où il était régulièrement en charge d'un ministère pastoral estival dans l’Etat de Washington. «J’ai un certain nombre d’amis sur place, explique-t-il. Et je vois ce qu’ils mettent sur Facebook ces jours. Il est question d’actes de pénitence publics, chez certains. D’autres affirment que la confiance envers les autorités de l’Eglise est brisée, d’autant que le rapport sort quelques jours après une autre affaire: la démission de l’archevêque émérite de Washington, le cardinal Theodore McCarrick, à cause d’abus qu’il avait commis».

Rappelons qu'en Suisse, depuis 1950, 218 cas d’abus sexuels ont été recensés par l’Eglise. 25 se sont encore déroulés entre 2010 et 2016. Face aux erreurs du passé, Mgr Morerod en appelle à un changement d'attitude de l'Eglise: «Il faut accorder une priorité systématique aux victimes». Enfin, si la publicité faite autour de ces abus sexuels dans le contexte ecclésial, «affaiblit l’Eglise, elle peut aussi la rendre plus saine», conclut-il.

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