Hépatite: «Un nouveau foie, c'est miraculeux»

Publié

Hépatite«Un nouveau foie, c'est miraculeux»

Atteint de l'hépatite C, Louis Perriard a reçu un nouvel organe le 31 décembre. Son traitement, non remboursé, avait créé une vague de solidarité en Valais.

par
Eric Felley
Louis Perriard en convalescence dans le service de transplantation des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Louis Perriard en convalescence dans le service de transplantation des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Lionel Flusin/Le Matin

Quand les policiers se présentent chez lui le 30 décembre dernier à minuit, il ne se doute pas que c'est la chance qui frappe à sa porte. «Ils venaient m'avertir que le service de transplantation des HUG me cherchait pour la greffe.»

C'est la procédure. Quand personne ne répond au numéro du patient, c'est le poste de police le plus proche qui doit intervenir. Louis Perriard découvre que cela fait trois heures qu'un foie est disponible pour lui, alors qu'il est sur une liste d'attente depuis une année. Trop tard? Le service a déjà contacté le suivant sur la liste, car il faut faire vite. Mais ce dernier se désiste et le Valaisan part dans la nuit en taxi de Saxon (VS) à Genève, 150 kilomètres d'espoir.

Quelques heures plus tard, il a un nouveau foie: «C'est un miracle… J'ai fini 2015 avec un foie cancéreux et je commence 2016 avec un organe sain. Il reste des petits trucs à régler, mais je me sens bien, j'ai la niaque! Il y a des douleurs, mais je fais avec, car je sens que je vais vers la guérison.»

Quelques jours avant, «Le Matin» a relaté la situation délicate de cet homme de 52 ans. Comme des milliers de personnes en Suisse, il est porteur du virus de l'hépatite C depuis de nombreuses années. L'état de son foie se dégrade au début 2015. Il faut lui ôter par deux fois des carcinomes. Le compte à rebours a commencé. Il se met sur la liste d'attente pour obtenir une greffe aux HUG.

A l'automne 2015, il se fait prescrire par son médecin à l'Hôpital du Valais un nouveau traitement pour se débarrasser de l'hépatite C. Le praticien estime que dans son cas il faut un traitement de 24 semaines. Mais la caisse maladie ne rembourse que 12 semaines, soit 83 000 francs. Que se passera-t-il ensuite s'il n'est pas guéri?

Dès le 29 décembre, cette situation provoque un énorme élan de solidarité sur Facebook. Une page est créée par un cercle d'amis pour récolter des promesses de dons afin de financer la suite de la thérapie. Parmi eux Nicolas Claret, un ami du football: «J'ai été extraordinairement surpris de voir la réaction positive des gens. Nous avons 30 000 francs de promesses de dons entre 50 et 100 francs. En cas de besoin, nous ouvrirons un compte afin qu'il puisse financer la suite.»

Aujourd'hui, la greffe du foie a interrompu le coûteux traitement de Louis Perriard. Le reprendra-t-il? «Cela dépend de l'adaptation du foie et de l'avis de médecins ces prochaines semaines», précise l'intéressé du fond de son lit à Genève, où il a le temps de remercier, une à une, les quelque 700 personnes prêtes à faire un geste pour le sauver.

Ton opinion