Mexique – Un nouvel aéroport international… sans vols internationaux
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MexiqueUn nouvel aéroport international… sans vols internationaux

C’est l’un des projets chers au président Lopez Obrador: le nouvel aéroport international de Mexico va être inauguré dans moins de deux mois, mais risque de n’accueillir que des vols domestiques.

Selon l’armée mexicaine, les travaux de l’Aéroport international Felipe Angeles sont finis à «87,3 pour cent».

Selon l’armée mexicaine, les travaux de l’Aéroport international Felipe Angeles sont finis à «87,3 pour cent».

AFP

Construit sur une base militaire située à 40 km au nord de la capitale du Mexique, l’Aéroport international Felipe Angeles a coûté 3,6 milliards de dollars (3,35 milliards de francs). Les travaux sont finis à «87,3%», a déclaré le capitaine Diego Diaz Avila, du groupe des ingénieurs de l’armée, lors d’une visite, la semaine dernière.

Le terminal comme la tour de contrôle sont en place, et l’une des trois pistes reçoit déjà des vols militaires. Des ouvriers s’activent à l’intérieur du terminal. Dans les toilettes, des reproductions d’orchestres mariachis et de lutte libre accueillent les visiteurs. L’aéroport pourra accueillir 19,5 millions de passagers par an, a précisé le capitaine Diaz. Un prolongement d’une ligne de train et de bus doit encore le relier au centre de Mexico.

Pourtant, aucune des grandes compagnies aériennes internationales n’a annoncé son intention d’atterrir dans cet aéroport, excentré et pour l’instant mal desservi. American Airlines et Air France - KLM confirment qu’elles vont continuer à opérer à partir du vieux Benito-Juarez, à l’est de Mexico, non loin du centre-ville.

36 millions de passagers en 2021

Avant le coup d’arrêt du Covid-19, l’Aéroport international de la ville de Mexico (AICM, son autre nom) était le plus fréquenté de toute l’Amérique latine, avec 50 millions de passagers en 2019, deux fois plus que dix ans auparavant. Il a encore reçu 36 millions de personnes l’année dernière. Sa fréquentation exponentielle et ses risques de congestion se lisent dans le ciel au-dessus des «colonies» (quartiers) du sud de la ville, où des avions se succèdent à intervalle très régulier en descendant vers Benito-Juarez.

«Nous allons continuer avec l’AICM, parce que notre principal partenaire, Aeromexico, y maintient ses opérations», ajoute Air France, dix vols directs par semaine entre Paris et la plus grande ville hispanophone au monde. Les partenaires d’Air France et Aeromexico, KLM et American Airlines, vont également rester dans les deux terminaux de l’AICM. «Nous n’avons pas de changements dans nos opérations pour l’instant», a déclaré un porte-parole d’American Airlines, treize vols quotidiens entre Mexico et des villes américaines.

Que deux compagnies low cost…

Seules deux compagnies low cost mexicaines, Volaris et Viva Aerobús, ont annoncé des vols au départ et à l’arrivée de Santa Lucia (l’autre nom du nouvel aéroport). Volaris desservira Cancún et Tijuana, Viva Aerobus s’occupera de Guadalajara et Monterrey, les deux principales villes du pays après Mexico. «Ce sont des routes très commerciales, très demandées dans notre pays», souligne Brian Rodríguez, analyste dans le secteur aéronautique.

Le nouvel aéroport est l’un des grands chantiers du «sexenio» (mandat unique de six ans) d’Andres Manuel Lopez Obrador, avec le train touristique Maya, dans la péninsule du Yucatán. Ces grands travaux sont confiés à l’armée pour leur exécution et leur administration. Tous deux «vont faire partie d’une entreprise gérée» par le ministère de la Défense, avait prévenu le président, fin novembre.

Projet «pharaonique» remplacé

Le nouvel aéroport a déjà toute une histoire derrière lui. L’ancien président Enrique Peña Nieto (2012-2018) avait lancé la construction d’un nouveau site juste à côté de l’ancien, pour un coût de 13 milliards de dollars (12,11 milliards de francs) d’après son successeur. Le projet, construit sur l’ancien lac préhispanique de Texcoco, a littéralement pris l’eau depuis.

À son arrivée au pouvoir, Andres Manuel Lopez Obrador a organisé et gagné un référendum pour demander l’annulation de ce projet «pharaonique». «Nous tiendrons l’engagement d’inaugurer l’Aéroport international Felipe-Angeles, le 21 mars prochain», a répété récemment le président de gauche nationaliste. Des vidéos de l’avancée des travaux sont régulièrement projetées lors de sa conférence de presse quasi quotidienne.

(AFP)

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