26.04.2015 à 22:10

YémenUn nouvel émissaire de l'ONU pour tenter de relancer le dialogue

Un nouvel émissaire de l'ONU va tenter de relancer le dialogue en vue d'un règlement politique au Yémen. Le processus est au point mort un mois après le début des bombardements de la coalition menée par l'Arabie saoudite.

Diplomate mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed. (Photo d'illustration)

Diplomate mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed. (Photo d'illustration)

AFP

La mission du diplomate mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, qui succède à Jamal Benomar, s'annonce très difficile. Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ryad Yassine, a rejeté dimanche un appel à des pourparlers de paix lancé par l'ancien président Ali Abdallah Saleh et déclaré que l'offensive lancée par l'Arabie saoudite contre les milices chiites houthies se poursuivait.

«Ces appels sont inacceptables après toutes les destructions causées par Ali Abdallah Saleh. Il ne peut pas y avoir de place pour Saleh dans tout dialogue politique futur», a déclaré Ryad Yassine.

Des unités de l'armée restées fidèles à l'ancien chef de l'Etat, écarté du pouvoir en 2012, combattent aux côtés des milices houthies qui se sont emparées en septembre de Sanaa, la capitale, et ont renversé le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Les milices houthies exigent elles un arrêt de l'opération militaire de la coalition pour pouvoir revenir à la table des négociations.

Longue expérience diplomatique

L'ONU a indiqué samedi que le nouveau médiateur travaillerait «en étroite liaison avec les membres du Conseil, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les gouvernements de la région et d'autres partenaires».

M. Ould Cheikh Ahmed, 55 ans, a été choisi pour sa longue expérience diplomatique, notamment dans les pays en crise du Moyen-Orient. Sa nomination a été notamment saluée dimanche par l'Union européenne, qui a déclaré être «prête à le soutenir immédiatement dans ses efforts».

Poursuite des raids

Malgré l'annonce mardi par Ryad de la fin de la phase intensive de son opération aérienne «Tempête décisive», la coalition a poursuivi ses raids sur des positions des rebelles et de leurs alliés. En fin d'après-midi dimanche, des raids aériens ont pris pour cible des positions rebelles à Aden, ont indiqué des habitants.

Toujours à Aden, deux civils et trois partisans d'Abd Rabbo Mansour Hadi ont été tués dans les combats avec les rebelles, a indiqué une source hospitalière. Les pro-Hadi ont affirmé pour leur part avoir abattu trois rebelles houthis.

Plus tôt, quatre nouveaux raids ont été menés contre le palais présidentiel à Sanaa et une colline proche pour empêcher l'envoi par les rebelles de renforts militaires dans la province de Mareb, à l'est de Sanaa, a indiqué une source militaire.

Violents combats dans la région de Sirwah

Dans cette province, de violents combats se déroulaient dans la région de Sirwah. Des tribus sunnites y ont convoyé dans la matinée des renforts pour faire barrage aux miliciens chiites, qui tentent d'avancer dans la province de Mareb, riche en pétrole et en gaz naturel, selon des sources tribales.

Ces sources ont fait état de la mort en 24 heures à Sirwah de 90 rebelles et alliés et de huit parmi les partisans du président Hadi. Un bilan qui n'a pu être vérifié de source indépendante.

En outre, des affrontements se sont intensifiés dimanche à Taëz (sud-ouest) après que les rebelles ont reçu des renforts en provenance d'Al-Makha, sur la mer Rouge, ont indiqué des responsables locaux, faisant état de victimes parmi les civils.

Hôpital touché

Dans l'après-midi, les tirs des rebelles ont touché un hôpital public de Taëz, notamment l'unité des soins intensifs, ont indiqué des employés de l'établissement. Un responsable de la province a affirmé quant à lui que 13 civils avaient été tués par les tirs.

A Dhaleh, plus à l'est, des avions de la coalition ont dû parachuter dimanche des médicaments et des équipements médicaux après que les rebelles ont empêché un convoi d'organisations humanitaires d'y entrer, selon des responsables locaux.

Les partisans du président Hadi ont affirmé avoir tendu cinq embuscades aux Houthis dans cette province, tuant 22 miliciens.

Plus de 1000 personnes, dont une moitié de civils, ont été tuées au Yémen entre le 19 mars et le 20 avril, selon un bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Amnesty International a demandé l'ouverture d'une enquête sur la mort de civils dans des raids aériens.

(ats)

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